Je me suis longtemps demandé comment raconter ce que j’avais vécu à Valenciennes pour ce match contre le PSG. Que dire en effet sur la victoire relativement facile obtenue par les parisiens la où peu d’équipes viennent prendre des points ? Le PSG a semblé maitriser ce match de bout en bout. Malgré la bonne résistance valenciennoise, jamais Sirigu n’a été mis en danger au cours du match. Pire encore, en première mi-temps, le PSG ne semblait pas être si supérieur à Valenciennes. Mais sur la première bonne action initiée par Pastore, Ibrahimovic inscrit le premier de ses 3 buts. Le début de seconde mi-temps va très vite sceller l’affaire. Le PSG est alors largement supérieur à son adversaire du soir et s’impose finalement 4/0 sans qu’il n’y ait rien à redire sur la performance des hommes d’Ancelotti, tant le match aura été maitrisé.

Parlons alors de ce qui s’est passé dans le stade et notamment des vilains méchants supporters parisiens qui font peur à tout le monde. Arrivé en voiture, mais garé à plus de 3km du stade, tant les bouchons étaient importants, j’arrive tout juste à l’heure pour le match. Malheureusement, seuls deux stadiers sont là pour fouiller les supporters impatients qui viennent par la même occasion de rater le coup d’envoi. Pendant ce temps-là, un peu plus loin, CRS et gendarmes discutent tranquillement, sans penser à venir aider ces stadiers qui doivent gérer également les supporters parisiens venus indépendamment.

Ma place étant située près du parcage parisien, je me retrouve finalement en plein cœur du contre parcage, organisé par les supporters indépendants du PSG. Je dois bien avouer que ce n’est pas pour me déplaire. Quelques supporters valenciennois sont également présents dans la tribune et tout se passe très bien. Les CRS n’ont pas encore l’ordre de venir cadrer cette partie de la tribune, ce qui aurait pu être le cas dans un souci de sécurité.

Le match avance, l’ambiance est bonne, aussi bien côté parisien que côté valenciennois. Le contre parcage manifest sa désapprobation et son mécontentement vis-à-vis  du traitement qui est réservé aux ultras et ne manque pas d’insulter les supporters du parcage officiel ou encore l’ambiance qui règne actuellement au Parc des Princes. Chacun se fera son opinion, mais pour ma part, je trouve cette attitude peu productive et surtout peu encourageante envers les autres supporters du PSG.

En début de deuxième mi-temps, un nouveau groupe de supporters arrive et prend place dans la tribune latérale. Là encore, aucun souci de sécurité à signaler, le mélange avec les valenciennois étant impossible pour le coup. L’ambiance est au beau fixe et quelques fumigènes sont allumés, pendant que résonnent les pétards (souvenez-vous de l’entrée au stade et des stadiers peu aidés par les forces de l’ordre …). Ces événements vont faire bouger les choses en tribunes. Sans rien dire, les CRS prennent place et encadrent le contre parcage parisien. Le match poursuit son cours normalement, une banderole « Liberté de supporter le Paris SG » est déployée.

Fin du match, tout le monde quitte le stade sans aucun problème, enfin presque tout le monde. Nous sommes en effet retenus dans la tribune le temps d’évacuer tous les supporters, du moins c’est ce qu’on croyait tous. Après quelques minutes d’attente, l’impatience incite certains supporters à pousser quelque peu pour pouvoir sortir du stade. La réaction des CRS sera sans appel. Peu importe les escaliers, les CRS répliquent. Certaines personnes tombent dans les gradins du stade sans émouvoir le moins du monde les forces de l’ordre.

Nous sommes alors condamnés à attendre. Une attente interminable de plus d’une heure et demie avant de pouvoir quitter enfin le stade non sans avoir été fouillé individuellement par deux gendarmes (ces mêmes personnes qui n’avaient donc pas participé aux fouilles à l’entrée du stade …).

Dernière petite péripétie avec un gendarme qui, à ma question « est-ce grave d’avoir une écharpe du PSG » (j’étais alors avec des belges qui avaient une écharpe VA-PSG et qui avaient eu la remarque de la part de cet homme), me répond très sérieusement : « oui, c’est un délit, un crime même ». Porter une écharpe du PSG est donc un crime, maintenant je le saurai. Inutile de préciser que je suis toujours resté le plus courtois et poli du monde, en me lançant une dernière réplique pleine de mépris, je quitte ces gendarmes et part avec quelques supporters qui me ramèneront à ma voiture.

Rusko