Retour sur les résultats et le classement à l’issue de cette journée

Derby Turinois

De l’aveu même des dirigeants, la Juventus sortait de son pire match de la saison, à la suite de sa défaite contre le Milan. C’est donc une équipe revancharde mais aussi, à la recherche de confiance, qui accueillait son rival local, le Torino.

Rappelons que le Torino, est le club populaire et le plus supporté à Turin. Cela peut paraître étonnant lorsque l’on sait que la Juventus est la plus soutenue en Italie. Mais c’est pour des raisons culturelles, le club « grenat » étant le club historique de Turin.

Le « Toro » est un club qui n’a qu’une seule ambition : se maintenir en Serie A, 6 mois après sa remontée de Serie B. Le champion en titre était donc le grand favori de cette rencontre. Pour le dernier match de suspension d’Antonio Conte, ce match n’était pas simple à aborder. D’abord se rassurer après la défaite à Milan. Mais aussi, ne pas perdre des forces inutiles, par rapport au déplacement crucial, mercredi, à Donetsk. La Juventus ayant besoin d’un point minimum pour assurer sa qualification en 8ème de C1. Antonio Conte avait donc décidé de laisser au repos Chielini, légèrement blessé, de laisser Asamoah et Vidal sur le banc, les deux piliers du milieu, étant apparus fatigués contre le Milan. C’est donc De Ciglie et Gianccheerini qui ont joué. Ce derby, dans un Juventus Stadium en feu, a commencé timidement pour les hommes de Conte. C’est en effet, le Torino qui durant les 20 premières minutes, a dominé les débats. Meggiorini étant tout près de tromper Buffon. Chaude alerte pour la Juventus, de toute évidence, pas tout à fait dans son assiette. Comme à Milan, cette équipe semble émoussée. Puis, le défenseur suédois du Torino,  Gilk, emporté par son élan, va faire un tacle assassin sur Gianccherini. Rouge direct, indiscutable. Le Torino se retrouve donc à 10 après 36 minutes de jeu. A partir de là, la Juventus va retrouver son collectif et régaler, emmenée par le français Pogba en grande forme (et qui a eu la possibilité de marquer à cinq reprises, dont deux très belles frappes de loin détournés par le portier du Toro !), un Marchisio retrouvé et un duo Vucinic-Giovinco qui va faire exploser le verrou du Torino. Pogba, encore lui, va d’ailleurs provoquer un penalty, sans contestation possible, pour la Juventus à la 40ème. Le « maestro » Pirlo, prend les opérations en main…et tire le penalty en tribune ! Comme quoi ca arrive même aux meilleurs de rater cet exercice…mi-temps 0-0

Seconde mi-temps, on comprend vite que l’ouverture du score pour la Juventus n’est qu’une question de temps. Le leader déroule, autour d’un très beau jeu collectif. Gillet, le portier du Torino, enchaine les miracles, le Toro se défend comme il le peut. Mais c’est tout à fait logiquement, que ce qui devait arriver, arriva : 57ème joli but d’une tête plongeante de Marchisio, sur un centre de Giovinco. 1-0 pour la Juventus. Explosion de joie des 37 000 tifosi de la Juve.  Giovinco d’une belle frappe croisée trompe Gillet, d’un Torino qui avait déjà lâché prise dans ce match. 67ème  minute et donc 2-0, ca sent la valise pour les hommes de Ventura. Marchisio, encore lui, conclura l’addition d’une superbe remise de la poitrine d’un très bon Vucinic (bien que toujours maladroit lorsqu’il faut conclure devant le but), 3-0 pour la Juventus. Ce sera d’ailleurs le score final, le leader se rassure avant son périlleux déplacement en ligue des champions et surtout, met la pression sur ses rivaux, à commencer par Naples, qui jouaient le lendemain.

Naples et l’Inter s’accrochent

Ce derby turinois, vous l’avez compris, c’est donc joué le samedi soir. Les autres matchs, ayant lieu le dimanche. On va détailler ces matchs par ordre chronologique de la journée.

Naples/Pescara

C’est donc, peu après l’heure de la messe, que le dauphin, Naples, recevait Pescara dans son antre du San Paulo. Duel totalement déséquilibré, l’ancien club de Veratti étant lanterne rouge. A cinq points de la Juventus au coup d’envoi, l’objectif des hommes de Mazarri était simple, gagner pour revenir à deux points. Et les napolitains vont très bien faire le boulot. Face à une équipe de Pescara joueuse mais naïve, Naples va dérouler.

D’abord grâce à une très belle frappe du milieu suisse Inler, dès la 9ème minute et qui prend sans cesse de plus en plus d’importance dans cette équipe puis grâce à Hamsik, en grande forme après son but à Cagliari lundi dernier, qui d’un joli coup du « Sombrero » va doubler la mise. 2-0 après 15 minutes de jeu. Oui mais voilà, comme contre Milan, les napolitains vont se relâcher. Pescara réduit l’écart 3 minutes plus tard, grâce à une tête de Bjarnason. Les napolitains vont même jouer avec le jeu jusqu’à la mi-temps, on sent qu’ils peuvent plier rapidement le match. Sauf que par nonchalance, manque d’intention, Naples ne plie pas le match avant la mi-temps et reste sous la menace de Pescara. Gueulante de Mazzari à la mi-temps. Selon lui, ce match devait être plié dès la mi-temps.

Mais il va vite se rassurer, grâce au « matador » l’inévitable Cavani, Naples va plier ce match. 58ème, penalty obtenu par le buteur uruguayen et rouge pour le défenseur de Pescara. Penalty transformé. 3-1. Puis, sur un beau centre d’Hamsik au second poteau, tel un renard des surfaces, Cavani double la mise. 10ème buts de la saison pour le « goleador » de Naples. 4-1 après 62 minutes. Score qui va permettre à Mazarri de faire tourner son effectif. Inler conclura l’addition par encore une très belle frappe. Victoire 5-1 de Naples, qui reste donc à deux points du leader, la Juventus.

Inter/Palerme

L’Inter souffle. Depuis sa belle victoire à Turin, contre la Juventus, l’Inter ne gagnait plus, soit depuis le 3 novembre ! Comment expliquer cette spirale négative ? Décompression après cette victoire ? Cale physique quand on sait que l’Inter est l’équipe qui a commencée la saison le plus tôt (début Août, tour préliminaire de l’Europa League) ? Effectif trop juste ? Trop de blessés ? (l’Inter est numéro 1 dans ce domaine depuis le début de saison…), Sneijder engagé dans un bras de fer avec son club au sujet d’une prolongation de contrat est écarté du group. Cet épisode pollue-t-il l’atmosphère ? Probablement un peu de tout cela. Second, à un point de la Juventus après son succès du 3 novembre. L’Inter accueillait Palerme, 14ème, 3ème, à égalité de point avec le 4ème, la Fiorentina, à cinq points du second Naples, vainqueur juste avant le match de l’Inter et à sept de la Juventus, gagnante la veille. Bref, il fallait se rassurer pour les hommes de Stramacionni, qui n’avaient pris qu’un point sur les neuf derniers mis en jeu. Autant dire, qu’il fallait rapidement gagner sous peine de gâcher une très bonne première partie de saison. On ne va pas se mentir entre une équipe de l’Inter fatiguée, en manque de confiance et une équipe de Palerme, venue uniquement pour chercher le 0-0, ce match a été très médiocre. 0-0 à la mi-temps, sifflet des 42 000 tifosi de l’Inter. Ca résume cette première mi-temps. Seconde mi-temps, tout aussi moyenne, Strama tente un choc psychologique en sortant les deux « tauliers » Milito, Zanetti à 0-0, à la 64ème. Effet immédiat, Nagatomo et Guarin réveillent l’équipe. Sans que ce soit emballant, rassurez-vous. C’est finalement sur un cadeau de Palerme, que l’Inter va l’emporter. Centre sans danger de Ranocchia, le malheureux Garcia, tacle le ballon, qui fini au fond de son propre but. L’Inter l’emporte pour la première fois depuis un mois et c’est tout ce que l’on retiendra. L’Inter reste à 4 points de la Juventus et à 2 de Naples. Dimanche prochain, Inter/Naples. Ce match devrait permettre de proclamer le « rival » numéro 1 à la Juventus dans la course au scudetto. Une chose est certaine, il faudra un autre Inter que celui de ce dimanche, pour battre cette équipe de Naples.

Milan poursuit sa remontée, les clubs romains enchainent, la Fiorentina cale

Catania/Milan

Depuis que Berlusconi est de retour à Milanello, centre sportif du Milan, soit la veille du match de Naples, Milan ne perd plus. Au contraire, une équipe est entrain de renaître  Il y a donc, d’abord eu ce très bon nul rapporté de Naples, 2-2, la qualification obtenue en 8ème de C1, grâce à sa victoire à Bruxelles, sa belle victoire contre la Juventus et donc, cette nouvelle victoire, en Sicile, contre Catania, toujours redoutable à domicile. Le style de ce Milan n’est pas emballant mais lorsque l’on sait à quel point ce Milan était tombé bas à la suite de sa défaite le 11 novembre contre la Fiorentina, c’est presque un miracle de voir cette équipe être autant compétitive. Grosse performance du Milan. Victoire 3-1, grâce à un doublé de cet incroyable El-Shaarawy, meilleur buteur de la Serie A, à 21 ans ! 12 buts marqués ! Ce match a aussi été marqué par le retour de Boeteng, très critiqué depuis 6 mois. Il a été auteur d’une belle frappe, qui a permis à Milan de prendre l’avantage après une première mi-temps très difficile (le Milan perdait logiquement 1-0). Néanmoins, il a été expulsé bêtement en fin de match. Milan remonte à la 7ème place.

A 10 points de la 3ème place. Certes,  le Milan est encore loin des places européennes mais voir cette équipe déjà dans le top 7, lorsque l’on se souvient dans quelle situation le Milan était, il y a un mois, est déjà une grande performance. Etant donnés les points à rattraper et la concurrence féroce, on imagine mal Milan être en C1 la saison prochaine. Mais réaliser une saison « digne » apparaît tout à fait à sa hauteur. Et contrairement à il y a quelques semaines, on ne va pas enterrer cette équipe du Milan pour la course à l’Europe.

Lazio/Parme Sienne/As Roma

Que retenir de la victoire des deux clubs romains ? Le 9ème but de la saison de cet incroyable buteur Miroslave Klose, Mickael Ciani titulaire, une première mi-temps maitrisée par la Lazio, une seconde beaucoup plus difficile contre une équipe de Parme en confiance et qui peut regretter de ne pas avoir cru en ses chances en première mi-temps. Le français Belfodil a réduit l’écart sur penalty (qu’il ne devait pas tirer) et a dit à son banc de se taire en fêtant son but (puisque son banc ne voulait pas qu’il tire…), il sera donc logiquement sanctionné par son club. La Lazio reste 5ème mais rejoint la Fiorentina, 4ème, en terme de point et surtout, la Lazio n’est qu’à deux points de la 3ème place (synonyme de tour préliminaire en ligue des champions).

La Roma de Zeman l’a donc emporté sur le très difficile terrain de Sienne. 3ème victoire de suite pour le club de la capitale. Depuis sa défaite lors du derby, paradoxalement la Roma n’a jamais été aussi forte. Doublé de Destro, qui se relance, après un début de saison difficile. La Roma est 6ème , avec 26 points, à 5 points de la 3ème place, son objectif « secret ». A signaler que le but donnant l’avantage à la Roma, a été marqué par le « revenant » Perotta, très peu utilisé cette saison.

Fiorentina/Sampdoria

10ème matchs d’affilés sans défaite pour les hommes de Montelli. Contre une équipe de la Sampdoria en confiance depuis sa victoire dans le derby de Gênes (après une série de 7 défaites d’affilées), la Fiorentina a été tenue en échec 2-2. Le match a été très agréable à suivre. Les florentins pensaient avoir fait le plus dur après l’ouverture du score de l’ex-défenseur de City, Savic. C’était sans compter sur une équipe de la Sampdoria accrocheuse. La Fiorentina s’est relâchée et ca a failli lui couter sa première défaite de la saison. Puisque à la 72ème Gonzalo Rodriguez a donné l’avantage à la Sampdoria, en détournant un ballon en taclant, trompant la vigilance de son propre gardien, Viviano. Savic, égalisera encore, toujours sur un coup de pied arrêté. La Fiorentina aura une balle de match à la 94ème grâce à Aquillani mais Romulo, d’un réflexe, permettra à son équipe de rapporter un point précieux dans la course au maintien. La Fiorentina cale et laisse l’Inter s’emparer seul de la 3ème place, avec deux points de plus.

KarimJ