Résultats de la journée et classement

Avant de revenir en détail sur cette 17ème journée, petit retour sur l’affaire Dinamo/Zenit. Suite aux incidents survenus au stade Khimki le weekend dernier (match arrêté suite après qu’un pétard ait explosé près de Shunin, le portier du Dinamo, alors que le score était de 1/0 en faveur des moscovites). La fédération russe a donc tranché. En plus d’une amende pour les deux clubs, le Zenit perd le match sur tapis vert et écope de deux matchs à huis clos, sanctions  fortement contestées par les dirigeants du club de Saint-Pétersbourg. De son côté, le Dinamo n’écope « que » d’un match à huis clos.

Sans supporter et sans vainqueur

C’est donc à huis clos que le Zenit recevait le CSKA, actuellement leader, pour le dernier match de cette journée. Atmosphère très étrange donc pour un tel choc. N’ayant pu voir le match, je ne peux malheureusement pas dire grand-chose de ce match. Notons que, côté Zenit, Shirokov a pris place sur le banc pour laisser Faizulin compléter le milieu Denisov-Witsel. Sur les côtés, Bystrov fait les frais du retour de Danny et de la titularisation de Hulk, le brésilien qui sortira à la mi-temps. Côté CSKA, Cauna est la seule surprise du 11 concoctée par Leonid Slutsky, Tosic prend donc place sur le banc.

Au final, les deux équipes se séparent sur un score de parité, Yanbaev ouvrant le score en début de seconde période, avant que Elm, de plus en plus décisif, n’égalise du penalty.

Il est donc bien loin le temps où le Zenit donnait une leçon de football au CSKA. Depuis le match aller beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et les courbes de forme se sont largement inversées. Pour le CSKA, ce match nul est plutôt un bon résultat puisque le club de l’Armée garde 6 points d’avance sur son adversaire du soir. Etant données les conditions dans lesquelles s’est joué le match, le match nul est un moindre mal pour le Zenit qui peut néanmoins regretter d’avoir laissé filer une victoire importante à 5 minutes de la fin alors que le Zenit se rendra de nouveau à Moscou le weekend prochain pour y affronter un Spartak en crise (cf ci-dessous). Un match qui sent la poudre côté supporter également, à moins que les fans du Zenit ne soient interdits de stade pour ce match.

Anzhi, rival actuel du CSKA au classement, après deux matchs nuls peu glorieux, devait se reprendre et renouer avec le succès en championnat. Et longtemps, on a bien cru que les hommes de Guus Hiddink n’y parviendraient pas sur le terrain synthétique de l’Amkar. Sans Eto’o, c’est finalement Shatov qui s’est mué en héros de Daguestan. Un but à la 92ème minute qui pourrait bien avoir son importance quand on fera les comptes en fin de championnat. Cette victoire permet à l’Anzhi se revenir à 3 points du CSKA avant de recevoir ce même CSKA le weekend prochain, le calendrier faisant bien les choses.

Outsiders en forme

Parmi les poursuivants du trio de tête, le Rubin, en pleine forme actuellement avec 7 succès consécutifs toutes compétitions confondues, est un concurrent sérieux aux accessits européens. Pourtant, malgré le retour à la compétition de Carlos Eduardo (très à l’aise aux côtés de Salomon Rondon), le Rubin n’a pu venir à bout de Volga à domicile et ressort frustré d’un match à priori facile qui aurait dû permettre aux Tatars de se rapprocher un peu plus du podium.

Volga, de son côté, continue sa remontée au classement et quitte la place de barragiste, place qu’occupe désormais Krylya Sovetov. Les joueurs de Samara sont en effet en pleine perdition et enchainent une 6ème défaite d’affilée en championnat. Il est vrai que ce déplacement à Krasnodar pour y affronter le Kuban ne laissait que peu de doute quant au résultat final. Un Kuban porté par son trio offensif bulgaro-arméno-sénégalais composé de Popov, Ozbiliz et Baldé tous impliqué sur les 4 buts de leur équipe. Avec une charnière Dealbert-Zelao derrière, le Kuban possède également une défense solide, difficile à mettre en danger. Malgré le départ de Lacina Traoré cet été et le départ précipité de Petrescu en début de saison, le Kuban confirme donc toutes les bonnes choses aperçues la saison passée. De la à envisager une place européenne en fin de saison ?

L’autre gros outsider du championnat est le Terek. Auteur d’un début de saison incroyable qui lui permet actuellement de rester aux contacts dans le haut du classement, il profite quant à lui de la faiblesse de l’Alanya qui, malgré le changement d’entraineur (le président Gazzaev reprenant du service pour remplacer son fils à la tête de l’équipe), n’arrive pas à stopper la spirale de la défaite.

En parlant des équipes à la peine, le Mordovia, autre promu, enchaine une nouvelle défaite, sur le terrain d’un Rostov qui retrouve des couleurs ces derniers temps.

Et Moscou dans tout ça ?

Avant de parler du derby, revenons quelque peu sur la victoire du Lokomotiv. J’avoue ne pas savoir comment juger cette équipe. Cette équipe peut réaliser les bonnes performances et enchainer les désillusions avec une facilité déconcertante. Le principal problème du Lokomotiv réside dans l’équilibre attaque/défense et la création du jeu. Glushakov a les clés de l’animation, mais est-il l’homme qui doit créer le jeu ? Sans remettre en questions les qualités du joueur, on peut émettre des doutes. Si le Lokomotiv s’attache à attaquer, on peut être à peu près certain qu’ils vont marquer, mais également qu’ils vont encaisser des buts, tant l’équilibre semble fragile.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour ce match contre Krasnodar. Heureusement pour la bande à Bilic, ses attaquant étaient plutôt adroits samedi, enfin presque. N’Doye a certes inscrit deux buts importants, mais a également vendangé deux énormes occasions face au gardien adverse. C’est finalement un coup franc d’Obinna, peu après l’égalisation de Wanderson, qui offre aux cheminots une deuxième victoire de rang, victoires qui fait suite à l’excellente performance à domicile contre l’Anzhi (1/1, mais une supériorité nette et un jeu agréable).

Enfin, nous voilà au match le plus important du weekend, non pas au niveau du classement, mais au niveau des conséquences du résultat.

Dans un Luzhniki très loin d’être plein, le Spartak a pris l’eau. Un match terrible pour Emery qui a certainement vu ses joueurs le lâcher et précipiter son évincement. Une défense aux abois, un Suchy directement impliqué dans les 2 premiers buts du Dinamo, puis un Pareja, son compère en défense centrale, ridicule sur un contre de Kokorin avant la mi-temps. 3/0 pour le Dinamo à la mi-temps. Pourtant, par moment, le Spartak semble pourvoir produire quelque chose, mais c’est totalement inoffensif et seul Ananidze semble sauver la face dans ce naufrage collectif. Emery demande à ses joueurs de jouer court, de redoubler les passes, ce que s’attachent à faire les joueurs. Mais il manque quelque chose …De l’envie peut être ?

L’entrée de Dzyuba en début de 2° mi-temps va apporter un peu de poids devant et l’avant centre russe, loin d’être fan de son entraineur (voir ci-après), va se battre pour sortir son club de cette situation. Malgré ses efforts, Dzyuba n’est pas récompensé et c’est même le Dinamo qui va aggraver le score en contre en fin de match avec deux buts inscrits par Semshov. Dzyuba sauvera, quand même l’honneur de son club dans les arrêts de jeu. Mais rien n’y changera, le sort d’Unai Emery est acté et peu après la rencontre, Valery Karpin officialise ce que tout le monde savait déjà : l’entraineur espagnol se voit signifier la fin de sa mission moscovite prématurément.

Comment comprendre l’échec d’Unai Emery à la tête du Spartak ? A en croire, Artem Dzyuba, l’entraineur espagnol est le principal responsable de son échec par le fait de ne pas avoir fait confiance aux joueurs russes. Une absence de discussion entre les joueurs et l’entraineur, une incompréhension de la part de l’espagnol de ce qu’est le Spartak ou alors simplement un effectif en manque de talent ? Le manque de talent est un peu réducteur : Le Spartak a terminé second la saison passée et l’effectif s’est renforcé cet été. Alors que le jeu prôné par Emery semblait parfaitement convenir au Spartak, l’équipe s’est souvent montrée incapable de changer de rythme, d’animer un match. Gageons également que jouer 6 des 8 premiers matchs de la saison à l’extérieur n’a pas aidé ce Spartak à se construire sur des bases solides. Les efforts consentis à l’allumage se sont payés ensuite avec de nombreuses blessures et/ou méformes de joueurs importants.

Bref, Emery out, c’est Valery Karpin lui-même qui va reprendre l’équipe jusque la fin de l’année civile. Pour Emery, on parle déjà d’un possible retour en Espagne, du côté de l’Espanyol à la dérive en Liga.

Un dernier mot sur le Dinamo qui, après avoir mangé son pain noir en début de saison, est prêt pour de belles choses en cette deuxième partie de saison. Kokorin, encore auteur d’un doublé, s’affirme comme le leader naturel de l’attaque moscovite alors que Petrescu semble avoir trouvé l’équilibre de son équipe et surtout a réussi à insuffler un nouveau souffle à ses joueurs qui, à l’image d’un Dzsudzsak retrouvé, semblent totalement adhérer au discours du roumain.

Rusko