Lors de son émission du Jeudi 18 octobre 2012, l’émission AfterFoot sur RMC, propose un débat sur le serpent de mer qu’est la Superleague européenne. Le concept est simple : Grosso Modo, les meilleurs clubs européens se rencontrent entre eux au cours d’une compétition sortant totalement des règles et cadres imposés par l’UEFA. Nous vous proposons, grâce à cet article, d’en savoir plus sur cette chimère du football, son origine, ses impacts et enfin nous donnerons notre avis sur les chances de voir ce clone du football passer du papier au terrain.

Les Origines de la Superleague

C’est en 1998 que les premières informations sont apparues concernant le projet d’une ligue européenne. La société MediaPartners, société italienne spécialisée dans les médias, propose à la commission européenne en 1999, un projet de compétition de football ouverte à l’ensemble des clubs affiliés à l’UEFA (Union Européenne Football Association) sur trois garanties. Précisons que MediaPartners est étroitement à Fininvest où un certain Silvio Berlusconi avait des intérêts va-t-on dire… Silvio Berlusconi propriétaire de l’AC Milan. Précisons aussi que des établissements financiers comme JP Morgan et autres groupes de communications comme Kirch emmené par Rupert Murdoch (dont on reparlera plus tard) ont soutenu ce projet. Cette compétition serait réalisée en dehors du cadre classique des compétitions européennes de clubs de l’UEFA.

Si nous prenons le contexte de l’époque, nous sommes en plein boom pseudo-économique du football. Depuis l’arrêt Bosman rendu en 1995, les coûts d’exploitation des clubs de football ont plus qu’explosé, les salaires et les transferts progressant de manières exponentielle.

C’est aussi dans ce sens que MediaPartners cherche à attirer les gros clubs européens. Les revenus pour ces derniers seraient sans commune mesures avec ce qu’ils gagnent via les compétitions UEFA. Cette Superleague était une sorte de paire d’as dans les  mains des dirigeants de gros clubs. Le FIFA (Federation International Football Association) et l’UEFA ont menacé de radiation à vie toute personne ou structure participant à une compétition de football parallèle à celle organisée par l’UEFA et la FIFA. C’est d’ailleurs grâce ou à cause de ce projet que l’on a connu la refonte des compétitions européennes et la création du monstre Champions League et la création en 2000 du G14 regroupant les plus gros clubs d’Europe ayant gagné une coupe d’Europe (sorte de syndicat des gros clubs).

Les raisons d’un retour au premier plan

La Champions League en place, l’argent coule à flot alors pourquoi ce serpent de mer revient à la mode en 2012 avec insistance ? Arsène Wenger, avant un Arsenal Celtic Glasgow en 2009, avait annoncé l’émergence d’une ligue européenne d’ici 10 ans. Pourquoi ? Elitisme exacerbé ou garantie financière ? Un peu de tout cela finalement. Mais une autre donne vient modifier la manière de penser de bon nombre de propriétaires n’ayant aucunes attache avec la manière de voir le sport en Europe : le Fair Play Financier.

Premier véritable texte visant à réguler le football en Europe, le principe du fair-play financier est de dire aux clubs : vous ne pouvez pas dépenser plus que ce que vous gagnez. Bien sûr, cette approche est simplifiée. Bon nombre de clubs s’y préparent mais d’autres cherchent à contourner ce texte, véritable nouvel ordre morale du football européen, afin de leur permettre de continuer à « investir » comme bon leur semble.

En Juin 2012, Ruppert Murdoch, tout magnat de l’audiovisuel (Sky notamment) a convié les responsables des gros clubs européens (les deux Manchester, Real Madrid, Barcelone, Chelsea, Bayern Arsenal et le Napoli en particulier). Son but est de discuter du rachat des droits TV d’une super méga coupe européenne fusionnant l’Europa League et la Ligue des Champions. Le projet de Superleague Europeenne a aussi été abordé. Selon certains médias américains comme world sports, une structure même serait déjà en place avec un système Round Robin garantissant un certain nombre de matches de très haut de gamme. Bien entendu cela n’est pas compatible avec les compétitions européennes déjà existantes.

Comme l’a précisé le journaliste éditorialiste polémiste Daniel Riolo lors de l’émission sus-nommée, la majorité des propriétaires des grands clubs européens n’ont presque aucune idée de ce qu’est le sport ou le football en Europe. Et c’est aussi là le problème : Les convertir à une compétition de très haut niveau sans gestion contraignante pourrait ne pas être très compliqué. La menace est donc réelle.

Cependant quels sont les atouts et contraintes de ce genre de compétitions ?

LES ATOUTS

Cette compétition impose de ne pas raisonner « vieille France » et est la garantie d’avoir des rencontres de très haut niveau de manière régulière. Un vrai championnat d’Europe avec les meilleurs joueurs, les meilleurs stades et aussi les meilleures ambiances quoi qu’on en dise.

Cette compétition serait génératrice de revenus importants pour les participants, revenus que la ligue des champions ne pourrait leur offrir. C’est aussi une exposition mondiale pour toutes ses équipes, ses clubs. C’est tout simplement un autre marché, un autre sport finalement.

Ce que propose la Superleague Européenne représente un show mondial comme jamais le fan de football n’a connu. Un véritable ovni qui aurait sans aucun doute un succès terrible surtout dans les pays où la culture foot est faible comme la France ou les pays à forte identité régionale comme l’Espagne.

LES INCONVENIENTS

Avoir des clubs participant à cette chimère impose un abandon des compétitions UEFA. En allant plus loin, L’UEFA pourrait bannir les clubs dissidents ce qui pourrait aller jusqu’à le faire dans leur championnat respectif. Au mieux, les places qualificatives pour l’Europe seraient décalées. A vrai dire, l’exclusion des compétitions européennes UEFA serait logique : La participation aux championnats domestiques est presque impossible au regard des intérêts commerciaux et des droit TV. Imaginez une Premier League sans City, United, Chelsea ou Arsenal ?

L’autre inconvénient serait la paupérisation des compétitions UEFA mais qui peut vite se retourner en pépinière pour les clubs jouant la Superleague.

Dernier point important, le rôle de la FIFA. Peut-elle exclure tout joueur prenant part à une compétition non organisée par une de ses confédérations ? Quel impact pour des joueurs dont le maillot national est plus important que tout ?

A vrai dire ce dernier point est celui qui me fait penser que l’organisation d’une Superleague européenne sera difficile à mettre en place non pas par le haut mais par la base, les joueurs et la peur ne plus pouvoir faire la coupe du monde. C’est peu, c’est naïf mais on se raccroche à ce qu’on peut non ?

Et vous quel est votre avis ?