Résultats de la journée et classement

On a assisté à une très belle journée de Serie A. Des buts (33 durant le week-end), du jeu, du suspens, des cartons…et pas ou peu de polémique (un exploit en Italie).

 Commençons tout d’abord par le leader, la Juventus. On s’interrogeait sur la capacité de réaction des champions en titre, à la suite de la première défaite de la saison contre l’Inter. La Juventus a réagi comme des champions. D’abord en réalisant une véritable démonstration en champions league (4-0), tant au niveau du résultat, que du jeu produit. Puis, en allant écraser le promu Pescara sur sa pelouse (1-6). Le tout, avec un triplé de Quagliarella (qui en entrant en jeu plus tôt contre l’Inter aurait fait du bien) et en marquant des buts splendides, en particulier deux « bicyclettes ». En résumé, la Juventus a frappé fort depuis sa défaite contre l’Inter. Il ne fallait pas énerver le champion.

Un week-end d’autant plus beau pour les hommes de Conte, puisque l’Inter, après 7 victoires d’affilées en championnat, s’est incliné contre cette excellente équipe de Bergame, 3-2.  On s’interrogeait sur le fait que l’Inter puisse tenir le rythme effréné de la Juventus. La défaite de dimanche soir, a douché l’enthousiasme autour de l’équipe de Stramaccioni. L’Inter qui était revenu à 1 point de la Juventus, redescend à -4.

Un écart, certes, pas insurmontable, surtout après 12 journées. Mais  la défaite sur la pelouse de l’Atalanta a surtout pointé le banc relativement mince de l’Inter.  En particulier au niveau défensif. Là où la Juventus peut se priver de 2-3 joueurs clés, sans le moindre soucis, l’Inter ne peut pas le faire. Samuel et Ranocchia étaient blessés à la suite de la victoire à Turin. Cela s’est vu dimanche soir. L’Inter qui avait trouvé une grosse solidité défensive depuis sa défaite contre Sienne (le 23 septembre), a littéralement explosé défensivement sous les coups d’assauts de l’excellent Moralez (qui a obtenu un penalty…très généreux) et de ce redoutable renard des surfaces, Dernis, auteur d’un doublé et qui en plus, a raté une occasion immanquable à 1-0. Silvestre a encore montré qu’il n’a pas le niveau, Cambiasso est redescendu en défense mais c’est donc tout le milieu qui a souffert. Même si le portier de l’Atalanta, Consigli a encore été très bon, cette victoire de l’Atalanta ne souffre d’aucune contestation. Coup d’arrêt pour l’Inter, qui reste cependant à la seconde place. Strama va croiser les doigts pour récupérer les blessés au plus vite (10 joueurs out en ce moment ). L’Atalanta est 6ème   et c’est amplement mérité (et en ayant 2 points de pénalité !).

Cette défaite de l’Inter, une semaine après sa victoire lors du choc contre la Juventus, prouve que sur la durée, la Juventus n’aura pas de concurrence . Soyons prudent tout de même. La Juventus est entrain de réaliser un championnat exceptionnel. 6 points de plus que la saison passée à la même époque. Et malgré ce départ en fanfare de la Juventus qui a gardée exactement le même groupe que la saison passée, en renforçant son banc, les écarts sont relativement faibles. L’Inter n’a « que » 4 points de retard (et 14 points de plus par rapport à la saison passée !), Naples n’est « qu’à » 5 points, la Fiorentina a 8. N’oublions pas que la Juventus a un calendrier pas simple durant les prochaines semaines, réception de la Lazio 4ème, « finale » du groupe en C1 contre Chelsea pour espérer se qualifier pour les 8ème , derby de Turin, déplacement à Donestk pour une place au tour suivant de la champions league, réception du Milan…menu copieux ! Très clairement et ce, malgré sa défaite lors du derby d’Italie, la Juventus a l’organisation, le groupe, l’équipe la plus forte. Son titre dépendra beaucoup, je crois, d’une éventuelle qualification en ligue des champions,  véritable objectif, de son parcours durant cette compétition.

Revenons à nos matchs en détail, Naples, en baisse de régime ces dernières semaines, est allé chercher un excellent résultat lors d’un super match  sur la pelouse du Genoa, victoire 4-2. Et revient à un point du second, l’Inter. C’est surtout mentalement que l’équipe entraînée par Mazarri, a frappé les esprits. Mené 2-1 à dix minutes de la fin, le sauveur Cavani, l’homme de la semaine pour l’ancien club de Maradonna, après son quadruplé en Europa League, a égalisé. Puis 90ème, Hamsik, l’autre grande star de Naples, a offert un précieux succès aux napolitains. Insigne marquant un but anecdotique à la 94ème.  Le Genoa, malgré un changement d’entraîneur et l’arrivée de Del Neri, s’enfonce, 18ème et ce à une semaine du derby de Gênes, face à une équipe de la Samdporie elle aussi en crise (7 défaites d’affilées !) et avec un Ciro ferrara plus que jamais menacé.

Le 4ème, le splendide 4ème, cette équipe de la Fiorentina. On en parle beaucoup depuis le début de saison mais cette équipe vaut vraiment la peine d’être regardée. Victoire 3-1 contre une triste équipe du Milan, que l’on pensait sous le chemin de la guérison après sa victoire contre le Chievo et son nul contre Malaga. La Fiorentina a littéralement écrasé le Milan sur sa pelouse, Pato loupant lamentablement un penalty à 1-0 . La mayonnaise a pris très vite et c’est finalement le plus impressionnant avec cette équipe. Près de 11 joueurs sont arrivés cet été, un nouveau staff technique, un nouveau directeur sportif…sans oublier que les deux dernières saisons ont été médiocres. Le milieu de terrain des hommes de cet excellent coach, Montella, ont écrasé le milieu du Milan. Le trio Valero (meilleur joueur du match)—Aquilani-Pizarro ont étouffé le Milan, totalement impuissant. Cette victoire est d’autant plus impressionnante, que l’ensemble des médias évoquait une dépendance Jovetic, le buteur et la star de cette équipe. Jovetic, blessé hier et pourtant, la Fiorentina a fait une démonstration collective et de force. La Viola est 4ème à seulement 3 points du second l’Inter et 8 du leader turinois. La Juventus qui avait d’ailleurs ramenée un 0-0 heureux de Florence…

Le Milan, clairement c’est la défaite qui fait le plus mal de la saison. 6ème défaite déjà ! C’est simple, Milan a perdu la moitié de ces matchs en championnat. Le pire début de saison de son histoire. Milan lors de la saison 1981-1982 avait été autant catastrophique niveau comptable, 14 points après 12 journées aussi…et était descendu en Serie B pour la unique fois de son histoire. Du coup, Galliani a ouvertement dit pour la première fois de la saison, que Allegri était menacé. A la suite d’une réunion de crise avec Berlusconi, finalement Allegri a été confirmé. Mais, comme l’a dit Galliani lui même, « la confiance n’est pas éternelle… ». Autant le dire, prochaine défaite, Allegri saute. Manque de bol, le calendrier est terrible pour le coach du Milan. Déplacement chez le 3ème, Naples, réception du leader, la Juventus…le tout avec une qualification en jeu en C1 à Anderlecht et la venue du Zenith à San Siro…on voit mal comment Allegri pourrait sauver sa peau, pour une saison qui s’annonce, encore plus difficile que ce que l’on pouvait penser pour le Milan.

Le derby de Roma, ah, quel match ! Une pluie torrentielle durant le match, faisant penser un moment, qu’il serait difficile de voir ce match aller à son terme. Du jeu, des buts, du spectacle, de la tension, du chambrage entre les tifosi, deux rouges…bref, un vrai derby !

La Lazio, se relance magnifiquement, après avoir touché le fond à Catania la semaine dernière (défaite 4-0). Victoire 3-2 pour ce derby tant attendu chaque année à Rome.

Après avoir très mal commencé ce derby (ouverture du score de Lamela, probablement grâce à une faute de Burdisso sur l’action de ce but), la Lazio s’est peu à peu remise dans le match. D’abord grâce à un missile de Candreva sur coup-franc (et une grosse faute de main du portier remplaçant de la Roma) puis grâce à une frappe ratée de ce Hernanès, ce fabuleux renard des surfaces, Klose, a donné l’avantage à la Lazio peu avant la pause. La Roma a confirmé ce que l’on pensait d’elle. Une équipe sans défense, tactiquement à la rue. Bref, une équipe très moyenne. Et pour couronner le cauchemar, De Rossi logiquement exclu pour un coup de point à Mauri à la 45ème. Début de la seconde mi-temps, énorme boulette de Piris, qui remet plein axe pour Mauri, qui ne se fait pas prier pour plier le match. 3-1 après 48 minutes. La Roma sauvera l’honneur grâce à  un superbe coup-franc de Pjanic à la 88ème, lobant de 40 mètres Marchetti. La Lazio, 5ème, revient à 5 points de la seconde place. La Roma, tombe à la 7ème place et déjà très loin de la ligue des champions, 9 points de retard sur le 3ème Naples. En conclusion, on s’attendait à un super derby entre deux entraîneurs ayant une vision du jeu très offensive, on n’a pas été déçu et c’est tant mieux !

Pour finir, on retiendra que 3 entraineurs sont très menacés : Ferrara confirmé avec la Smapdoria, à la suite de la 7ème défaite de suite contre Palerme qui peut souffler (grâce à un doublé de Dybala, 18 ans, promis à un très beau futur). Ferrara jouera sa tête lors du derby contre le Genoa. Pioli, avec Bologne encore battu à Turin, face au Torino. Bologne est 19ème et on ne donne pas cher de la peau de ce coach.  Aucune victoire depuis le 30 septembre. Et puis, bien sûr, Allegri, plus que jamais menacé. Il aura, à priori, une dernière chance à Naples. Vraiment sa dernière.

KarimJ