Retour sur la 11ème journée du championnat d’Italie

Focus sur le grand choc : Juventus/Inter

Présentation du match

L’énorme choc que toute l’Italie du football attendait. Le champion en titre, grand favori pour le scudetto, actuel leader, recevait son ennemi et dauphin, l’Inter, auréolé d’une avance de 4 points. Et surtout, la possibilité pour les hommes d’Antonio Conte d’enchainer une 50ème journée de championnat sans défaite, tout en enfonçant son rival dans la course au titre.

De l’autre coté, une équipe de l’Inter, en confiance, 8 victoire de suite entre le championnat et l’Europa League. Stramaccioni étant peu à peu entrain de construire une équipe redoutable articulé autour de son trio Palacio-Cassano-Milito, le tout avec Sneijder toujours à l’infirmerie. L’Inter qui débarque à Turin finalement sans pression car de l’aveux même des dirigeants, après une saison passée difficile (médiocre 6ème), le départs des cadres cet été (Julio César, Maicon, Lucio), ce championnat 2012-2013 est une saison de transition, devant permettre à l’Inter de retrouver la champions league.

Bref, vous l’avez compris, ce derby d’Italie entre les deux clubs les plus supportés d’Italie (et aussi les plus détestés), promettait énormément. Et on peut le dire, ce match a tenu absolument toutes ses promesses.

Un choc riche en polémique

Bon commençons à évoquer le point négatif de cette rencontre : l’arbitrage. La désignation de Paolo Tagliavento avant le match,  avait été source de polémique. Souvenez-vous c’est cet arbitre qui lors du choc scudetto de la saison passée, entre le Milan et la Juventus, avait refusé un but valable à Muntari (le ballon avait entièrement franchi la ligne) or l’arbitre l’avait annulé, laissant le jeu se poursuivre. A ce moment du match, le Milan menait 1-0…à l’arrivée 1-1. Inutile de dire que la tension était donc palpable tant au niveau de la Juventus (bien heureuse avec l’arbitrage le week-end dernier à Catania) que du coté de l’Inter (pas très malheureux ces dernières semaines non plus).

Pour ce match, appelé le « derby d’Italie », il n’a fallu attendre que la 18ème seconde pour avoir la première grosse polémique. A peine l’engagement joué, la Juventus a réalisée une attaque foudroyante, prenant de vitesse la défense de l’Inter et ouvrant le score grâce à son milieu de terrain chilien, Vidal, sur une passe décisive de Asamoah. Problème : les ralentis sont cruels, Asamoah, est hors-jeu d’un mètre avant de recevoir le ballon. Ce qui rend fou furieux le banc de touche de l’Inter, curieusement vite au courant de cet hors-jeu…

Seconde grosse polémique, 34ème minute, Litchtsteiner, déjà averti, se montre fautif d’un tacle en retard, les deux pieds décollés sur Palacio. L’arbitre siffle faute…mais ne met pas le second jaune qui s’imposait naturellement !  Grosse colère de l’Inter, évidemment. Le staff technique de la Juventus conscient que Litchtsteiner a frôlé le pire, le remplacera d’ailleurs 3 minutes après cette action…

Dernière polémique : l’égalisation de l’Inter sur pénalty à la 59ème, pour un tirage de maillot de Marchisio sur Milito. Le tirage de maillot est flagrant, ensuite dans ou en dehors de la surface ? La faute démarre en dehors et se termine à l’intérieur…donc….chacun se fera sa propre opinion. Bref, comme tout choc qui se respecte en Italie, ce match tient hélas toutes ses promesses au niveau des polémiques arbitrales à venir.

Début tonitruant de la Juventus 

Revenons au match, en passant outre les erreurs arbitrales préalablement expliquées.

A l’instar de sa brillante victoire contre la Roma (4-1), la Juventus a démarré cette rencontre pied au planché. 17 secondes pour ouvrir le score et prendre de vitesse la défense de l’Inter. En choisissant « d’agresser » l’Inter au pressing, d’écarter les lignes de l’Inter en passant sur les cotés,  l’Inter s’est retrouvé tactiquement étouffé. Et sans un grand Handonovic, à la suite d’une superbe passe de Pirlo pour Marchisio (8ème min.), l’Inter pouvait déjà se retrouver à 2-0 après 10 minutes de jeu. Puis, peu à peu, l’Inter en passant d’un 3-4-3 à un 3-4-1-2 avec un Palacio revenant au pressing sur Pirlo, l’Inter va peu à peu éteindre les attaques de la Juventus. Egaliser à la 12ème minute par Palacio, suite à un coup-franc vite joué par Cambiasso. But logiquement refusé pour hors-jeu, puis Cassano va voir sa frappe frôler la lucarne d’un Buffon battu. On sent l’Inter au sein de cette première mi-temps prendre les opérations en main, avec une confiance étonnante en son jeu, contre une équipe de la Juventus, se contentant de défendre bas et d’attendre un contre, pour « tuer » son adversaire du soir. D’ailleurs, l’Inter ne se montrera pas véritablement dangereux durant ses 45 premières minutes et la Juventus terminera cette mi-temps 1, comme elle l’avait commencé : en dominant outrageusement. L’Inter s’en sortira, grâce son excellent gardien Handanovic.

Mi-temps, 1-0 pour la Juventus. Un premier acte qui à un gout amer, on assiste à un excellent match de foot, avec une intensité, une qualité technique, un combat tactique de très haut niveau.  En plus, les deux équipes jouent un jeu offensif, ne ferment pas les espaces. De l’autre, on ne peut ne pas penser à ce but accordé à Vidal qui aurait dû être annulé pour un hors-jeu flagrant et à ce rouge oublié à Litchsteiner. Les 22 acteurs sont à la hauteur de ce grand rendez-vous. Pas l’arbitre ni ces assistants. Dommage.

L’Inter frappe fort

La deuxième mi-temps, démarre comme la première s’était terminée. Grosse intensité de la Juventus qui souhaite plier ce match au plus vite et se mettre ainsi à l’abri. Encore une fois, Handanovic est impeccable. De plus, la sortie à la mi-temps sur blessure, remplacé par Bentdner va rendre la défense de l’Inter, articulé autour d’un Juan monstrueux, un peu plus sereine… En effet, c’est avec beaucoup de personnalité, d’intensité dans le jeu que l’Inter va peu à peu étouffer la Juventus et contraindre la Juventus à défendre. Palacio d’abord à la 54ème ,sur un excellent travail de Milito, idéalement placé, va frapper au dessus. Puis à la 57ème, Nagatomo (exceptionnel durant ce match), va voir sa très belle frappe repoussée par Buffon. Puis logiquement, à la 59ème, l’Inter va égaliser sur pénalty, par l’increvable  Diego Milito. Cette égalisation de l’Inter va rendre cette rencontre encore plus passionnante. L’Inter s’est « rebellé » par rapport à des décisions arbitrales injustes, la Juve, frustré de voir une équipe lui tenir tête, souhaite reprendre la direction des opérations en main et surtout, mettre l’Inter à 7 points d’écart.

A partir de cette égalisation, le scénario du match change. La Juventus à l’attaque, l’Inter plus prudent. L’intensité, malgré la fatigue, est toujours aussi haute.

C’est à la suite d’un changement tactique de Stramaccioni, que la physionomie du match va changer. Le coach de l’Inter décide de remplacer un attaquant (Cassano) par un milieu de terrain (Guarin). Et sur une belle passe de Guarin pour Palacio, Cambiasso va être tout prêt de donner l’avantage pour l’Inter. Premier gros avertissement pour la Juventus. Puis une minute plus tard (75ème), Guarin, encore lui, récupère un ballon perdu par Vidal, prend de vitesse tout le milieu de la Juventus, frappe, Buffon repousse comme il le peut, qui arrive plein d’opportuniste avec la cage vide ? L’inévitable Diego Milito, l’homme symbole du triplé de l’inter de 2010, donne l’avantage au club de Massimo Moratti et ce n’est pas immérité. 2-1 pour l’Inter. Coup de tonnerre, la Juventus est sur le point de subir sa première défaite depuis 49 journées ! (Pratiquement un an et demi sans perdre en championnat).

Alessio, le coach remplaçant Conte suspendu sur le banc, décide donc de faire entrer Quagliarella à la place de Caceres. On tente tout du coté de la Juventus. L’Inter logiquement choisi une option défensive : Milito est remplacé par un milieu défensif Mudingayi. Le brillant Pirlo, décide de prendre les opérations en main et sur une frappe de trente mètres, il faut une belle parade de Handanovic pour sauver l’Inter. Une minute plus tard (83ème), sur une mauvaise passe de Gargano, Bendtner lobe dans un angle fermé le portier de l’Inter, la balle passe devant le but sans que personne ne puisse la mettre au fond des filets. Dernière sueur froide pour l’Inter ? Non, 87ème, Quagliarella voit une belle frappe de vingt mètres qui passe à droite du cadre.

89ème, contre éclair de l’Inter, Palacio sert parfaitement Nagatamo, une première fois contrée, la « mobylette » japonaise a la lucidité de récupérer le ballon et délivrer un caviar pour Palacio, qui achève la Juventus. 3-1. L’Inter enchaine un 9ème succès de suite, revient à un point de son rival et du leader. La Juve concède sa première défaite dans son nouveau stade et s’incline pour la première fois depuis 49 journées : quel match !

 Conclusion

Par cette victoire, l’Inter devient la grande rivale de la Juventus pour le scudetto. Plus qu’un seul point d’écart entre les deux équipes. Ce qui a le plus impressionné, c’est la façon dont l’Inter s’est imposé. En réussissant à remonter un but sur un des terrains les plus difficiles d’Europe, en ne fermant le jeu, en s’imposant par le jeu, l’Inter a frappé fort. La presse italienne était d’ailleurs unanime pour dire que c’était la victoire du « prodige » Stramaccioni . Ce jeune coach, de 37 ans, qui entrainait l’équipes des jeunes de l’Inter la saison passée (avec laquelle il a tout gagné), qui a déjà gagné deux derby contre le Milan, remporte son premier derby d’Italie, en remontant un but de retard et des décisions arbitrales discutables, Stramaccioni a frappé fort. Cette saison, se devait être une saison de transition. Après 11 journées, le jeune coach de l’Inter a déjà réussi à rendre cette saison palpitant. Les tifosi de l’Inter recommencent à rêver du scudetto. Dire qu’il y a 40 jours, l’Inter s’inclinait à domicile contre la lanterne rouge Sienne et voyait la Juventus avec 7 points d’écarts….7 victoires plus tard, l’Inter n’a plus qu’un point de retard. Pas question pour l’Inter de s’enflammer. Les hommes du président Moratti vont être encore plus attendu. L’Inter, certes, ne peut plus se cacher mais sans ambition démesurée, la Juventus reste la grande favorite. Néanmoins, Stramaccioni va avoir des problèmes à régler : ce match a laissé des traces physiquements. Ranocchia et Samuel seront out les deux prochaines semaines, Sneijder va revenir…depuis sa blessure l’inter a remporté chacun de ses matchs. Bref, le jeune coach va devoir encore innover.

La Juventus, prend un gros coup au moral avec cette défaite. D’abord il va falloir digérer sa première défaite depuis 49 matches. Et puis, s’incliner contre son « ennemi », à domicile et voir une avance virtuelle à la mi-temps de 7 points d’avance (en menant  au score 1-0 après 45 minutes) à plus qu’un point d’écart après la fin du match, ne sera pas simple à digérer. Ce match a aussi montré les lacunes en lumière de la Juventus : cette équipe manque d’un grand buteur, d’un « grand » attaquant devant. Le duo Bentdner (qui a remplacé Vucinic à la mi-temps), Giovinco s’est montré beaucoup trop léger pour « embêter » la défense de l’Inter en seconde mi-temps.

Cela étant, cette défaite ne doit pas remettre en cause le fait que la Juventus reste l’équipe la plus forte de cette Serie A. La Juventus a toujours l’équipe, le groupe le plus fort et en dépit de cette défaite, reste la grande favorite pour le scudetto. Sauf, que depuis samedi, la Juventus sait qu’elle a un nouveau concurrent de taille : l’Inter.

Retour brièvement sur les autres matches :

Milan show !

Allegri souffle, enfin. Meilleur match de la saison du Milan. Victoire 5-1 contre une équipe du Chievo extrêmement faible. A signaler la titularisation du trio El-Sharaaway, Pazzini-Bojan qui ont « explosé » une défense du Chievo lamentable. Milan se replace à la 10ème place. 3ème match sans défaite. Allegri se donne de l’air en attendant la réception de Malaga en ligue des champions. 8ème buts de la saison pour El-Sharaawy, meilleur buteur de la Serie A, à 21 ans. Nouvelle star vous avez dit ?

Naples au ralenti

Match nul 1-1 à domicile contre le Torino. Cavani de retour de blessure, avait pourtant rapidement ouvert le score après 6 minutes de jeu, profitant d’une bévue de Gillet le portier du Torino. Naples ne sachant pas se mettre à l’abri et ratant une énorme balle de 2-0 à la 84ème, va concéder un incroyable match nul à la 91ème. Peu après l’expulsion du coach napolitain, Mazarri, Aronicca souhaitant temporiser, va voir sa passe à destunation de son gardien intercepté par l’attaquant du Torino Sansone. 1-1 et Naples qui perd deux points précieux dans la course au titre. La Juventus reste à 5 points. L’Inter à 4 points. Sale semaine pour Naples, après sa défaite contre l’Atalanta.

La Fiorentina enchaine

3ème succès de suite pour les hommes de Vincenzo Montella. Victoire facile 4-1 contre Cagliari. La Fiorentina joue bien, a confiance au sein du projet de cet excellent coach. Le duo Jovetic-Toni enchante. Lucas Toni, après une longue traversée du désert sportivement, marque but sur but. La Fiorentina n’est plus qu’à deux points du 3ème Naples

Un dimanche opposé pour les clubs romains

La Lazio a coulé à Catania : défaite 4-0. 3-0 après 29 minutes. Gomez a littéralement fait exploser une faible défense de la Lazio. Cette équipe de la Lazio se confirme toujours autant friable mentalement. Capable du meilleur comme du pire. Un point pour la Lazio en une semaine. La Lazio tombe à la 5ème place et décroche pour le scudetto : 9 points d’écart avec la Juventus.

Situation inverse pour la Roma, la situation après deux défaites d’affilées était pourtant difficile pour les hommes de Zeman avant la réception de Palerme. Grâce à un adversaire bien conciliant (et dont on peut vraiment s’inquiéter pour la suite de la saison), la Roma s’est rassurée et a déroulée autour de son leader emblématique : Totti. Victoire 4-1 ; Le club de la capitale se donne de l’air et se replace à la 6ème place. Fidèle à la philosophie « Zemanièenne » : la Roma a la pire défense du championnat mais aussi la meilleure attaque. Dimanche prochain le derby de Rome : la Roma 6ème se « déplacera » chez la Lazio,  ayant l’avantage des tifosi sur ce match, 5ème. Ce derby sentira la poudre entre deux équipes qui n’ont déjà plus tellement le droit à l’erreur dans la course à la ligue des champions.

KarimJ