15 Août 2011, Swansea City AFC découvre la Premier League. Défaits 4/0 à au Etihad Stadium face au futur champion Manchester City, les Swans me laissent cependant une excellente impression. C’est sur cette première impression que je décide de suivre un peu le parcours des gallois en Angleterre, et bien m’en a pris.

Un club centenaire

Swansea est avant tout une anomalie que peu de championnats peuvent nous proposer. Un club gallois dans un championnat anglais est tout sauf logique, même si Pays de Galles et Angleterre ne font, en réalité, parti que d’un seul et même pays. Alors pourquoi une telle bizarrerie ? La réponse est assez simple. Avant 1992, le Pays de Galles n’avait pas de championnat professionnel et Swansea ainsi que d’autres clubs gallois évoluaient dans le championnat anglais. 1992 est une date charnière dans le football britannique puisqu’il s’agit de la date de création de la Premier League que nous connaissons tous, mais également de la Welsh Premier League, premier championnat professionnel du Pays de Galles. Les équipes galloises sont alors invitées à rejoindre ce championnat. Mais plusieurs équipes, dont Swansea et Cardiff City, refusent, préférant ainsi rester dans les ligues anglaises. Ainsi, en 2011, Swansea devient le premier club gallois à jouer dans l’élite anglaise depuis la création de le Premier League.


Avant de s’attarder longuement sur la période très récente du ce club qui m’a amené à vous faire découvrir Swansea City, faisons un bref parcours historique d’un club qui fête ses 100 ans en cette année 2012.

C’est donc lors de l’été 1912 que Swansea, ville plus portée sur  le Rugby que Football, voit le Swansea Town AFC naître et s’installer au Vetch Field, propriété de Swansea Gaslight Co. Ce n’est qu’en 1969 que le statut de la ville permettra au club d’acquérir son nom actuel de Swansea City Association Football Club, en gallois Clwb Pêl-droed Dinas Abertawe (bon courage pour la prononciation). Tout de suite, le club adopte les couleurs blanches de l’équipe de rugby de la ville et aujourd’hui encore, Swansea joue tout de blanc vêtu.

Vetch Field

Nous sommes le 7 septembre 1912, au Vetch Field, le premier match de la vie de Swansea Town se solde par un match nul 1/1 face à Cardiff City. Un premier titre en Welsh Cup dès sa première année d’existence, mais rien de plus à signaler par la suite. L’entre deux guerre voit l’équipe se stabiliser en English Second Division. Parmi les performances à mettre en relief, notons une demie finale de FA Cup lors de la saison 1925/1926 et deux saisons consécutives à 28 buts pour Jack Fowler. L’après guerre n’a rien de bien plus emballant : quelques titres en Welsh Cup, une relégation puis une remontée rapide avant se s’enfoncer en English Fourth Division en 1967 et une nouvelle fois en 1973.

La saison 1977/1978 va alors marquer un premier grand tournant dans l’histoire de Swansea. Malgré de bonnes performances, Harry Griffiths démissionne et est remplacé par John Toshack, un des grands noms de Liverpool. Profitant du travail de Griffiths dans un premier temps, Toshack emmène Swansea jusqu’en English First Division (la plus haute division de l’époque) en seulement quatre années. Swansea se classe même 6ème lors de sa première saison dans l’élite en 1982. Malheureusement, cet état de grâce ne va pas durer bien longtemps. Une crise de résultat ainsi que des difficultés financières importantes entraînent le club dans une spirale négative et, cinq ans après sa promotion en première division, Swansea retrouve la quatrième division. Dès lors, Swansea végète dans les divisions inférieurs, oscillant entre relégation, promotion et problèmes de direction.

Le succès par le jeu

En 2001, après une nouvelle relégation en troisième division, le club est vendu 1£ à Mark Lewis qui s’empresse de revendre sa part à un consortium de businessmen australien là encore pour 1£. De nombreux joueurs sont licenciés, d’autres prolongés. Les supporters vont alors jouer un rôle très important dans la survie du club, allant jusqu’à créer le Swansea City Supporters’ Trust (voir ci-après) qui garantit la représentation des supporters dans le board. En 2002, le consortium australien quitte la direction au profit du consortium mené par Mel Nurse, un ancien joueur du club.

Les années 2000 sont synonymes de grands changement pour le club. Outre, la prise de pouvoir des supporters au sein de la direction, le club change de résidence et abandonne le Vetch Fiel pour s’installer au Liberty Stadium en 2005.

Deux ans plus tard, en février 2007, alors que le club est en Coca-Cola League One (3ème niveau), le club prend encore un nouveau virage qui va s’avérer déterminant. Roberto Martinez, ancien joueur du club de 2003 à 2006. L’inexpérimenté manager espagnol va révolutionner le jeu des gallois et poser les bases du Swansea actuel. Après 6 mois très prometteurs, les attentes sont énormes pour la saison 2007/2008 et les résultats sont mêmes au delà des espérances. 92 points, une qualité de jeu nettement supérieure à tous ses adversaires et un titre de champion bien mérité.

Malgré le statut de promu, Swansea ne renie pas sa nouvelle identité de jeu et impressionne par la fluidité de son jeu et ses performances plus qu’honorable. Longtemps à la lutte pour une place en play-off, les Swans se classent finalement huitième pour leur retour au deuxième niveau du championnat professionnel anglais.

Roberto Martinez

Roberto Martinez part alors exercer ses compétences à Wigan, où l’on peut toujours admirer le travail remarquable de l’espagnol. Souza, son successeur, prend la relève avec de grandes ambitions pour son nouveau club. Mais, malgré une solidité défensive indéniable (seulement 37 buts encaissés, et un record de 24 cleen sheets pour De Vries), le manque d’efficacité offensive sera un frein trop important et Swansea ne décroche « qu’une » 7ème place, insuffisant pour participer aux barrages.

D’un commun accord, Souza et Swansea se séparent et c’est Brendan Rodgers (avec un passé chez les jeunes et la réserve de Chelsea sous José Mourinho) qui prend la relève. La saison démarre cependant par un drame avec la mort de Besian Idrisaj, jeune joueur autrichien auquel les supporters et le club rendront un vibrant hommage. Peu après le début de saison, Swansea réalise un coup merveilleux en faisant signer Scott Sinclair de Chelsea pour £1,5 million. Brendan Rodgers s’inscrit parfaitement dans la continuité et plus encore, l’équipe garde sa stabilité défensive mais l’efficacité offensive est au rendez-vous.

Leon Britton

En Janvier, alors qu’il avait quitté le club en refusant de signer un nouveau contrat, Leon Britton revient à Swansea et va former avec Joe Allen un milieu de terrain très technique et parfait dans la vision de jeu. Ajoutons à cela, les ailiers Sinclair et Dyer, ainsi que l’avant centre Fabio Borini, prêté par Swansea en mars pour finir la saison, et l’équipe de Brendan Rodgers se pose légitimement en candidat sérieux à la montée au fur et à mesure que la saison avance. Finalement, Swansea termine troisième et doit jouer les barrages pour pouvoir accéder à la Premier League. Après un match nul 0/0 à l’aller, les Swans viennent à bout de Nottingham Forrest 3/1 au retour et vont donc à Wembley pour y affronter Reading. Un triplé de Scott Sinclair et un but de Dobbie permettent aux Swans de s’imposer 4/2. C’est officiel, Swansea est le premier club gallois à accéder à la Premier League depuis sa création !

L’aventure commence donc à Manchester, face au futur champion et le score peut laisser présager des heures difficiles pour les protégés de Brendan Rodgers. D’ailleurs, peu de monde donnait cher de la peau des Swans, leur jeu fait de redoublement de passe et de technique avant tout semblait être destiné à se faire détruire par les équipes un peu plus physiques. Il n’en fut rien. A plusieurs reprises, Swansea nous a régalés tout au long de cette saison. Britton et Allen toujours à la baguette, des bonnes pioches dans les prêts avec notamment Caulker de Tottenham en défense, un gardien international hollandais joueur et doué avec les pieds, et bien sûr Dyer et Sinclair sur les côtés sont autant d’éléments qui permettent à Swansea de faire plus que bonne figure. Swansea se heurte parfois à la dure réalité de l’efficacité adverse, mais l’arrivée de Sigurdson, prêté par Hoffenheim en hiver, permet à Swansea de gagner en efficacité offensive.

Parmi les faits marquants de la saison des Swans, notons la magnifique victoire 3/2 à domicile face à Arsenal, la victoire contre Manchester City ainsi qu’un match nul arraché par Chelsea dans les ultimes instants de la rencontre. Le promu séduit tous les observateurs et prouvent qu’il est possible de jouer au ballon en Angleterre quand on s’appelle Swansea. Les Swans terminent à une très belle 11ème place.

Swansea ou Cisnemar ?*

Une telle réussite attire forcément les grandes équipes. Ainsi, Brendan Rodgers atterri à Liverpool et emmène avec lui Joe Allen, Sigurdson (qui devait rester après son prêt) signe à Tottenham où il retrouve Caulker, alors que Scott Sinclair rejoint Manchester City.

Alors que faire face à de telles pertes ? Avoir des idées, et bien travailler. Michael Laudrup devient le nouvel entraineur de Swansea City AFC. L’aura et le réseau du gentleman danois, ancienne star du Barça et du Real notamment, vont permettre à Swansea de faire quelques bonnes pioches. Pour compenser le départ de Joe Allen, Laudrup prospecte en Espagne. Ainsi Michu, milieu buteur du Rayo, rejoint la Premier League pour trois fois rien, tout comme De Guzman, prêté par Villarreal. Pablo Hernandez est acheté à Valence (grâce à l’argent des ventes de Sinclair et Allen notamment).Chico Flores vient quant à lui compenser le départ de Caulker. Enfin, Ki Sung-Yueng est arraché au Celtic. Emmené par un Michu sur la lignée de ces performances en Liga, Swansea épate une nouvelle fois tous les observateurs lors de leur première sortie : 5/0 chez les QPR puis 3/0 contre West Ham. Depuis ce départ canon, Swansea est redescendu sur terre, mais reste une équipe très agréable à regarder et on ne doute pas que Laudrup va continuer d’insuffler cet esprit de jeu à ces joueurs.

Aujourd’hui Swansea sonne espagnol et finalement, quoi de plus étonnant quand on se rappelle de l’homme qui est à la base de ce qu’est le club actuellement ? J’ai nommé Roberto Martinez.

Swansea City Supporters’ Trust

Nous l’avons vu précédemment, les supporters occupent une place très importante dans la vie du club. Ce sont eux qui ont permis au club de ne pas sombrer dans les mauvais choix de gestion lorsqu’un consortium australien est arrivé à la tête du club. Les supporters se sont organisés, ont levé des fonds et depuis ce jour, ils sont les 3ème actionnaires du club, avec 19,99% des parts du club et son aujourd’hui un élément fondamentale de la vie du club.

*en anglais, swan est un cygne que l’on traduit en espagnol par cisne, alors que sea est traduit par mar en espagnol.

Rusko