Résultats de la journée et classement

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Un clasico d’un autre monde, encore !

L’Espagne et le monde du football avaient les yeux rivés sur ce qui se fait de mieux au monde : Barcelone/Real Madrid. 500 millions de personne ont regardé le match. Il n’y a qu’une coupe du monde ou une finale de ligue des champions pour espérer faire une meilleure audience. Depuis l’arrivée de Mourinho et même avant, on se disait que les medias en faisaient trop sur ce match. Chaque année, on se dit que ces deux équipes vont bien finir par nous offrir un « clasico » moyen. Mais non. Les deux équipes se connaissent par cœur et pourtant, elles ne cessent de se surprendre et d’éblouir les téléspectateurs par tant de grâce, de jeu, de technique, d’intelligence tactique. Et puis, il faut bien le dire, grâce aux deux génies : Messi et Cristiano Ronaldo.

Commençons cette analyse, par une statistique : 0 tir pour le Barça après 20 minutes contre 3 pour le Real. La raison à un pressing incessant du Real. Sur une action où Benzema rate une reprise intervient le premier but de Cristiano. Ce but est une merveille sur le plan collectif. Le Real a probablement « égalé » le niveau du Barça. Le 5-0 de 2010 semble déjà bien loin. Le Real  confirme que c’est par le jeu que les Madrilènes  mettent le plus en difficulté le Barça, comme c’est par le jeu que le Real avait gagné au Nou Camp la saison passée, après avoir enchainé les défaites sur ce même terrain. A la 25ème minute intervient le tournant du match, Benzema seul, sur une nouvelle belle action collective du Real, écrase sa reprise sur le poteau. Di Maria reprend en se jetant mais la balle passe à côté. Peu après cette action, Daniel Alvès se blesse et oblige Tito a encore changer sa défense, déjà privée des deux tauliers Puyol et Piqué. Après 27 minutes, le Barça se retrouve avec une défense fabriquée : Alba-Mascherano-Adriano-Montoya. C’est ce poteau qui va conduire le Barça à accélérer le rythme, à rentrer complètement dans ce match. Lors d’un gros cafouillage de la défense du Real sur un centre du nouvel entrant, Montoya, va permettre au Barça d’égaliser grâce au talent et à l’opportunisme de Messi. On peut d’ailleurs se poser la question : que fait Pepe sur ce but. 1-1 après 30 minutes de jeu. Le Barça, s’en sort bien avec comme statistique : Premier tir cadré et premier but.

A ce moment du match, on a le sentiment que le Real a laissé passer sa chance, les madrilènes avaient l’opportunité de tuer le match, avec notamment l’occasion de Benzema. Ce Barça, sans Guardiola, même privé de pratiquement tous ses titulaires en défense, ne pardonne pas. Le Real en a encore fait l’expérience. Cette égalisation va donc rajouter de l’intensité, à un match qui n’en manquait pas et tenait déjà toutes ses nombreuses promesses.

Mi-temps 1-1, une statistique témoignant des difficultés rencontrées par le Barca en cette première mi-temps : 11 fautes commises contre 7 pour le Real. La première mi-temps a été d’un très haut niveau. La seconde mi-temps ne va pas décevoir non plus, bien au contraire.

Une 2ème mi-temps, sur les mêmes bases !

Dès le début de la seconde mi-temps, les deux équipes partent à 100 à l’heure. Et puis, première polémique, indispensable pour un vrai clasico. 51ème minute, contact litigieux entre Pepe et Iniesta, l’arbitre choisi de siffler corner au lieu d’un penalty, à la grande colère du Barça.

58ème minute de jeu, Messi part dans une série de dribble, dont seul lui a le secret. Xabi Alonso fait faute, prend au passage un carton jaune et donne un coup-franc très bien placé. Messi pose la balle et de son pied gauche magique, l’enroule dans la lucarne gauche de Casillas. Messi explose de joie, le Nou Camp avec lui, le génie a encore frappé. 60 minutes de jeu et dans un match que le Barça ne maitrisait pas vraiment, mène 2-1 contre son grand rival. A ce moment du match, on se dit que le Barça est en train de tuer la liga, avec 11 points d’écart entre le Barça et le Real. On s’attend surtout à une dernière demi-heure difficile pour le Real, qui va devoir encore plus se découvrir. Il va surtout, falloir avoir des ressources morales fortes pour pouvoir espérer revenir au score.

Oui mais voilà, le Real confirme une nouvelle fois qu’il a changé. Les hommes de Mourinho n’ont plus peur du Barça et vont le montrer. Sur une belle récupération de balle de Xabi Alonso, Ozil d’une merveille de passe, lance Cristiano Ronaldo seul en duel, battre Valdes et égaliser pour le Real. Paradoxalement, ce but intervient au moment où on avait le sentiment que le Barça prenait l’ascendance sur ce match. Ce but a montré les lacunes criantes de la charnière centrale de circonstance du Barça, du duo Adriano (latéral normalement) et de Mascherano (milieu de formation). Ozil très critiqué ces dernières semaines, à l’image du Real, a été auteur d’un grand match et a parfaitement réagi à la critique.

Après cette égalisation, le Barça va se convaincre définitivement d’accélérer et va d’ailleurs se créer une bonne action avec Messi à la 69ème mais son ballon piqué part trop loin de la cage de Cassilas. Idem sur un centre tir d’Iniesta à la 73 ème, confirmant un Real de plus en plus fatigué et de fait, un Barça de plus en plus dangereux. Le Barça va monopoliser la balle, accélérer ses séquences de jeu, tenter d’étouffer le Real. L’équipe de Cristiano Ronaldo, n’a plus le coffre physique pour effectuer le même pressing que durant les 60 premières minutes de jeu. Clairement, le Real est conscient que repartir du Nou Camp avec un point  serait une belle opération, et lucide sur le fait que si ce match devait être gagné, c’était en première mi-temps. Le Barça, lui, souhaite manifestement tuer la liga dès cette soirée. Le Nou Camp retient d’ailleurs son souffle lorsque Messi bénéficie d’un coup-franc, dans la même position que lors de son égalisation. Mais son coup-franc, est cette fois trop enlevé. Le Real, à l’exception d’un tir dans un angle fermé d’Higuain, ne se montrera plus dangereux.  77ème minute, Pepe a enfin reçu son carton jaune, comme je crois, à chaque clasico.

Revenons à notre match, le Barça domine, pousse mais le Real défend bien, tente toujours de presser haut. Mais la fatigue se fait sans cesse de plus en plus ressentir.  Le Barça se montre logiquement de moins en moins lucide, à la suite de tous ses efforts accumulés, au sein d’un match d’une intensité incroyable. Que retenir de ces 10 dernières minutes ? Un jeu de plus en plus haché, Mourinho choisissant de remplacer Özil par Kaka, revenu en grâce ces dernières semaines, après avoir été mis au placard par Mourinho. Le coach portugais se contente du nul et le montre, en faisant entrer Essien à la place de Di Maria dans les 5 dernières minutes. C’est d’ailleurs à ce moment du match, que le Barça va jeter ses dernières forces dans la bataille pour remporter ce match. Sur une action collective absolument splendide, Montoya d’une magnifique frappe enroulée, touche la barre de Casillas. Dernière frayeur pour le Real ? Non, à l’ultime minute du temps additionnel, le Barça à la suite d’une action de jeu foudroyante et d’une merveille de passe d’Iniesta sur un contre, permet ainsi à Pedro de prendre de vitesse la défense du Real mais son tir passe de peu à coté, les catalans s’offrant la dernière action et grosse occasion, d’un match absolument magnifique.

Que retenir de ce match ?

A qui la bonne affaire ? Mathématiquement, le Barça, indiscutablement, en conservant 8 points de plus que son adversaire du soir. Oui mais le Barça peut aussi être frustré de ne pas avoir « tué » la liga en ce dimanche soir, en mettant le Real a 11 points mais aussi en se faisant rejoindre au score, après avoir fait le plus dur en remontant ce 0-1. En ce qui concerne le Real, ils ratent l’opportunité de totalement se relancer et de revenir à 5 points de son rival. Oui, le Real peut aussi être frustré de ne pas avoir plié le match, par cette énorme occasion de Benzema à 1-0 en première mi-temps. Mais le Real peut aussi être très fier de son match, fier de son vestiaire que l’on dit « en feu ». Le Real a tenu tête au Barça, avec ses cartes, en proposant un jeu offensif et a réussi à égaliser. De fait, le Madrid de Mourinho a confirmé une nouvelle fois après sa victoire passée au Nou Camp, qu’ils n’ont plus aucun complexe contre ce Barça.

Pour conclure sur ce choc : On peut dire que ces deux équipes sont exceptionnelles. A chaque rencontre entre ces deux géants, ils repoussent sans cesse les limites de la « perfection » footballistique. A l’image de Messi et de Cristiano Ronaldo, la presse madrilène a titré ce match par : « Mémorable (pour AS) et « d’un autre monde » pour le grand quotidien sportif de Madrid (Marca). Oui, ce match était une nouvelle fois d’un autre monde.

Retour sur les autres résultats de la journée

Le « clasico » a monopolisé toute l’Espagne et le monde du football mais d’autres résultats intéressants sont à retenir pour cette journée.

Regardons le classement pour nous en convaincre. Barcelone 1er, 19 points mais en tête avec une autre équipe. Qui ? L’Atletico de Diego Simeone, sur la lancée de son de trophée de l’Europa League de la saison passée, le club madrilène des quartiers sud de Madrid, a frappé fort en cette 7ème journée. Victoire 2-1 contre Malaga, 3ème du championnat, l’autre grosse surprise de ce début de saison et qui concède sa première défaite. L’inévitable Falcao a encore frappé d’un doublé, dont le second but à la 90ème (bon, un but contre son camp de Weligton en réalité) et est meilleur buteur de cette Liga, avec 8 buts, comme Ronaldo et Messi, tout un symbole. L’Atletico, peut rêver. De la Liga ? Non, le Barça et le Real semblent bien au dessus, comme pour l’ensemble du foot européen. En revanche, ils peuvent retrouver la ligue des champions, en finissant à une belle 3ème place, sans le moindre doute. Et mine de rien, l’Atletico a 8 points de plus que son rival le Real. Bravo en tout cas à son entraineur Diego Simeone, qui réalise un travail splendide depuis son arrivée.

On retiendra aussi, la victoire dans le derby de Valence, de Levante. Nouvelle défaite pour l’équipe de Cissokho. Valence est 14ème après 7 journées, loin de ses ambitions de ligue des champions. Le Betis, 4ème après une nouvelle victoire, cette fois contre la Real Sociedad de Philippe Montanier. La Real Sociedad est imbattable à domicile (3 matches, 3 victoires) et vulnérable à l’extérieur (4 défaites). Enfin, Bilbao dans un contexte difficile (fracture entre Bielsa et sou groupe), remporte l’autre derby basque de la région, contre Osasuna, 1-0. Fernando LLorente une nouvelle fois sur le banc et plus que jamais sur le départ.

KarimJ