Retour sur la 4ème journée de Serie A

On a l’impression de se répéter chaque semaine. Nouvelle victoire de la Juventus, contre le Chievo (2-0). Une Juventus dont Antonio Conte avait décidé, comme la semaine dernière de faire tourner, après l’excellent nul rapporté de Londres, contre Chelsea (2-2). Vidal,Bonucci,Pirlo ,Giovinco sur le banc. Et comme la semaine dernière, la Juventus a gagné. Victoire facile, à l’usure face à une équipe du Chievo venue à Turin uniquement pour défendre. On retiendra le retour en force de Quagliarella auteur d’un joli doublé, 3 jours après un but décisif à Chelsea. Lui, qui n’avait joué que 15 minutes depuis le début de saison en championnat. On retiendra une Juventus toujours aussi solide, collectivement très au point et ce même, lorsque Conte change 5 joueurs dans le 11 type. C’est en ce sens, la force de cette Juventus, une équipe de qualité, collectivement au point et riche en quantité. A signaler la titularisation du français Pogba. Il avait la lourde tâche de remplacer Pirlo et il a fait un très bon début. Cerise sur le gâteau, les résultats sont très favorables à la Juventus (défaite des clubs de Milan, nul de Naples…). La Juventus s’envole-t-elle déjà vers le scudetto ? La saison est longue mais une chose est certaine, la journée d’aujourd’hui a confirmé, une nouvelle fois, que la Juventus est la meilleure équipe d’Italie. Et effectivement, difficile de prévoir une chute éventuelle.

Naples, nul décevant à Catania. C’est un déplacement périlleux qui attendait le Napoli. Naples a joué pratiquement tout le match à 11 contre 10 et c’est paradoxalement à partir du rouge de Catania, que Naples a été incapable de créer la différence. Pire l’équipe de Cavani a failli perdre ce match. Catania a confirmé qu’il serait toujours difficile d’aller prendre des points chez eux cette saison. En ce qui concerne Naples, on peut parler d’une contre-performance et aucune excuse par rapport au match de coupe d’Europe jeudi en semaine, puisque Mazarri a changé 11 joueurs et qu’il avait mis l’équipe type. Le coach napolitain d’ailleurs a déclaré en conférence de presse : « on doit gagner ce genre de match, il faut qu’on parle demain avec mes joueurs ». 2 points qui peuvent peser cher dans la course au scudetto. On peut s’attendre à une réaction de Naples lors de l’affiche mercredi contre la Lazio.

La Lazio, invaincu depuis le début de saison. Sa série s’est arrêtée à domicile contre le Genoa (0-1), On avait souligné nos réticences sur le banc de la Lazio, ca s’est confirmé sur ce match, la Lazio a un bon 11 de départ mais un banc trop mince pour se permettre de faire tourner. Zarate par exemple, est toujours complètement à la rue. Il est à noter les bons débuts de Ciani. Il était entré en jeu contre les Spurs pour fêter sa 1ère apparition et a été titulaire et joué tout le match dimanche.

La Sampdoria, surprise de ce début de saison n’a pas été loin de concéder sa 1ère défaite de la saison face à un autre promu, cette très solide équipe du Torino. Histoire de penaltys, 1 transformé de chaque côté. Le Torino a confirmé que c’était une équipe redoutablement organisée et très compliquée à jouer. La Sampdoria a au moins trouvé les ressources mentales pour arracher le nul. Un nul encourageant pour les deux promus.

La Fiorentina, vous le savez, j’en fais un outsider sérieux pour la course à l’Europe. L’équipe de Montella peut se mordre les doigts de n’avoir pris qu’un point à Parme. Match rocambolesque, deux poteaux en première mi-temps (un de chaque côté), deux pénaltys ratés. Tournant du match, 88ème, Jovetic a la possibilité de permettre à son équipe de mener 2-0, penalty tiré trop mollement, détourné par Mirante le portier de Parme. 91ème, Lucas Toni entré en jeu, fait une main stupide, penalty pour Valdes (il en avait déjà loupé un en cours de match), égalisation, cette fois, il remporte son duel avec Viviano, encore une fois très bon. La Fiorentina a trop voulu gérer et à l’arrivée, perd deux points bêtement face à une courageuse équipe de Parme. A signaler le but de la révélation de ce début de saison à Florence, le défenseur argentin arrivé libre du Boca junior, Roncaglia. En plus d’avoir marqué un superbe but, c’est un très bon défenseur. La Juve sera en danger mardi à Florence.

Les bides de la journée : les deux clubs milanais.

Par qui commencer ? Allez, l’Inter. Incroyable défaite à domicile 2-0 contre la lanterne rouge Sienne (certes, pénalisé de 6 points à la suite des matches truqués). 5 matches à domicile pour l’Inter, toute compétition confondues, 0 victoire, 3 défaites. Pire, deux matches à San Siro en championnat, deux défaites. Le blocage semble être profond. Cette équipe essaye, domine, se procure des occasions mais manque d’une incroyable efficacité et est d’une naïveté affligeante sur les contres adverses. Sienne a remporté ce match à l’usure, pratiquement sur ses seules opportunités. San Siro gronde, s’en est pris à Sneijder (pourtant très disponible ; très présent mais qui manque de lucidité dans le dernier geste et à tendance à vouloir porter le costume de sauver et donc a trop en faire). Les critiques pleuvent sur Stramaccioni, une nouvelle fois impuissant tactiquement et qui avait décidé en plus de mettre Zanetti sur le banc (une première depuis 2008 !). Le problème de cette est relativement simple : l’équilibre. Oui, cette équipe est complètement déséquilibrée et n’a pas les milieux nécessaires pour jouer en 4 3 2 1. Résultat, la main-œuvre offensive est prévisible et sur le moindre contre, la défense se retrouve en infériorité numérique. On ne peut pas demander à des Gargano, Cambiasso de se transformer en Pirlo (ou en Verratti). C’est exactement le style de joueur qu’il manque à cet Inter et que l’Inter n’a pas. La crise couve déjà à l’Inter. Le coach interiste demande du temps, 9 nouveaux joueurs sont arrivés, des tauliers partis (Maicon, Julio César, Lucio).Sauf, que du temps à l’Inter, il y en a peu. Stramaccion n’a pas d’autre choix que de revoir la tactique de l’Inter et de passer à une défense à 5 pour tenter de relancer la machine. Bref, l’Inter risque de mettre encore du temps avant de se rôder. La bonne nouvelle, c’est que Moratti soutien son coach. Et ca, c’est assez rare. Il n’est pas question de remettre déjà en cause Stramaccioni . Cela étant, il fait ses gammes au plus haut niveau à l’Inter sans être passé par des étapes inférieures, comme Conte l’a fait à Sienne ou à Bari. Certains disent « oui mais Guardiola aussi n’avait qu’une expérience chez les jeunes. » Oui, sauf qu’à la différence de Stramaccioni, Guardiola était un enfant du Barça, a réalisé une grande carrière de joueur et avait probablement sous sa main les meilleurs joueurs du monde. Pour conclure sur l’Inter, je pensais que cette équipe pourrait titiller la Juventus pour le scudetto. Il reste 34 matches, c’est vrai mais l’Inter a trop de soucis collectifs, défensifs, offensifs et l’écart individuel et collectif est trop grand avec la Juventus, pour espérer la titiller. Pour le moment en tout cas. Pas question de remettre déjà en cause le nouveau projet à l’Inter mais il va falloir trouver des réponses à ses maux et vite, sous peine de revivre une nouvelle saison désastreuse. Bonne nouvelle pour Stramaccioni, l’Inter joue à l’extérieur mercredi. En effet, l’Inter a remporté chacun de ses matches sur les terrains adverses.

Le Milan a perdu à Udine (2-1) son 3ème match en 4 journées, a terminé le match à 9.

Et Allegri est confirmé, paradoxale ? D’abord, rappelons une nouvelle fois que Milan a perdu ses deux meilleurs joueurs, Thiago Silva et Ibrahimovic, qui font déjà le bonheur du Psg. Rappelons aussi que Milan a perdu d’autres tauliers, Nesta, Seedorf, Zambrotta, Gattuso des figures emblématiques des années ainsi que Van Bommel. La situation est préoccupante au Milan, c’est évident. Dimanche à Udine, 2 rouges, une nouvelle défaite. Oui mais Milan, contrairement aux matches précédent, à réagi, lutter et probablement réussi son meilleur match. Un signe pour Allegri ? Non car le Milan ne peut pas accepter une 3ème défaite en 4 matches, encore moins 2 rouges. D’autant plus que la tension est palpable. Cette semaine Allegri s’est ouvertement accroché avec l’équipe des jeunes du Milan, un certain…Pippo Inzaghi ! Allegri lui a reproché de l’ignorer et de vouloir lui prendre sa place ! On savait déjà que la relation entre les deux n’étaient pas au beau fixe ,la saison passée, Inzaghi reprochant à Allegri d’avoir gâchée sa fin de carrière, notamment en l’excluant de la liste de la ligue des champions. Bref, le Milan par une opération de communication sur le site Internet du club, dont seul ce club a le secret, a tenter d’éteindre l’incendie. On doit l’avouer, assez pathétiquement. Milan doit gagner mercredi contre Cagliari et vite pour éloigner le plus vite possible les mauvaises ondes. La bonne nouvelle pour Allegri, c’est que Galliani fera tout pour retarder ce licenciement, de sorte à ne pas se trouver en première ligne face aux critiques des tifosi. Milan n’a d’ailleurs viré que 3 coaches en 25 ans d’ère berlusconienne. L’autre bonne nouvelle pour Allegri, c’est qu’il y a 3 matches à jouer par semaine et donc difficile de virer un coach entre deux matche en 3 jours. Le Milan sera sous pression Mercredi à San Siro contre l’ancienne formation d’Allegri, Cagliari.

Que retenir pour conclure ?

Pescara et son premier point récolté, avec un but du très prometteur Quintero. Il est déjà suivi de près par les gros clubs italiens, son nom a circulé cette semaine du côté du Psg…

Le nouveau Palerme de Gasparini qui a commencé par une défaite à Bergame 1-0 et dont très franchement, on ne misera pas cher sur sa peau pour être licencié rapidement.  Gasparini est un coach réputé pour le 3-4-3 une tactique qui met du temps à être assimilée or lorsque l’on sait que Zamparini est le recordman d’entraineurs virés…qu’il change régulièrement d’entraineur après 3 matches, on peut craindre le pire. Gasparini, malin a instauré une clause de maintien de 300 000 euros mais aussi la même clause en cas de licenciement…prévoyant notre ami.

J’aimerais enfin revenir sur le scandale de la journée, la victoire 3-0 de la Roma à Cagliari sur tapis vert. On critique souvent la vétusté des stades italiens, ce qui est d’ailleurs à l’origine du déclin de ce foot. Mais Cellino, le président de Cagliari n’a pas eu meilleure idée, que de provoquer la justice sportive italienne, qui sur ordre du préfet, pour des raisons de sécurité, a exigé que le match se joue à huit-clos. Le président de Cagliari ne l’a pas entendu de cette oreille et a invité tifosi à venir…allant à l’encontre de la justice. Bref, c’est assez symptomatique des problèmes qui nuisent au foot italien…hélas. On n’oubliera pas non plus les insultes de Maxi Lopez dans le vestiaire et Allegri accusé et suspendu 1 match pour avoir également insulté un arbitre….

 KarimJ