Ce diaporama nécessite JavaScript.

Petit point sur le début de saison de la Liga

Ah la liga, le meilleur championnat du monde pour les espagnols avec le Barça et le Real.  Ces détracteurs disent qu’il n’y a que ces deux équipes valables dans ce championnat. C’est surtout oublier les deux Europa League de l’Atlético en 3 ans, la finale de l’Europa League 100% espagnole entre Atlético/Bilbao l’année dernière. Et que dire de Valence, 3ème pratiquement chaque saison. Que dire également du jeu pratiqué la saison passée par Bilbao, de Malaga qualifié par le tour préliminaire pour la champions league ?

Cela étant, il faut souligner que si ces clubs brillent en Europe, grâce à des résultats probants, tant en ligue des champions, qu’en Europa League, (la selección rayonnant également sur le toit du monde depuis 2008 avec un jeu collectif remarquable), il n’en demeure pas moins que la crise économique qui frappe les clubs espagnols, comme pour l’ensemble de l’économie espagnole est terrible. Des nombreux clubs sont au bord de la faillite et les salaires en retard sont légions. Autant dire, que la situation qui reflète le foot espagnol n’est effectivement pas si reluisante.

La Liga a redémarré et ce, pour le plus grand plaisir des afficionados . Une Liga déjà riche en rebondissements. Et oui, vous l’avez deviné, le Barça et le Real sont, encore, les grands et uniques favoris pour le titre.

Le Real, justement, champion en titre, a démarré par un nul timide à domicile contre Valence, avant de subir une défaite au match aller de la supercoupe d’Espagne contre le Barça sur le score de 2/3. Un score très flatteur sur la physionomie du match, tant la domination du Barça a été outrageante. Le Real a enchainé avec une défaite à Getafe, club dans la banlieue sud de Madrid, qui a fait sortir de ses gonds Mourinho. Un « Mou » furax qui a ouvertement critiqué ses joueurs en conférence de presse. Une attitude rarissime chez le coach portugais, toujours le premier à défendre ses joueurs. Le tout à 3 jours de la finale retour de la supercoupe d’Espagne, contre le Barça, cela laisse songeur. Oui, mais voilà, Mourinho, ce n’est un secret pour personne est un excellent psychologue. C’est en partie, la clé de ses nombreux titres.

Mettre ses joueurs dos au mur, à 3 jours d’un match mal engagé contre le Barça, rien de mieux pour avoir ses joueurs avec le couteau entre les dents. Et Mourinho a réussi son coup. Le Real a littéralement agressé, dans le bon sens du terme, le Barça durant 35 minutes, avec une intensité, un pressing et une domination étouffante. Rarement le Barça s’est retrouvé autant dépassé, et mené 2-0 après 25 minutes. Paradoxalement, le rouge rapide de Adriano, va remettre le barça dans le match, avec unMessi, comme toujours présent. Ca ne suffira pas et le Real remporte logiquement le match et lance sa saison avec ce trophée.

Ce match restera aussi dans l’histoire, avec les grands débuts de Modric. A mon sens, c’est exactement le style de joueur qui manquait au Real, à savoir un joueur capable de créer du jeu, de faire la différence par son sens de la passe mais aussi de bien défendre. Le Real conclura sa semaine, avant la trêve internationale, par une victoire facile contre Grenade. Je n’ai pas dit tranquille, car décidément le début de saison des madrilènes est mouvementé. Mourinho critique une nouvelle fois les joueurs en disant « je n’ai pas aimé ce que j’ai vu », reprochant à son équipe de ne pas avoir élevé le rythme et de s’être contenté du minimum.

Et puis, il y a eu la « bombe » Cristiano Ronaldo. Et oui, monsieur est triste. Il ne se prive pas, en plus, pour le faire savoir à la stupeur de son auditoire et surtout des dirigeants. Même Mourinho et son agent, le célèbre Mendes, ne semblaient pas au courant de cette fugue. Ronaldo est triste, il a beau jouer dans le club le plus « glamour », le plus célèbre, le plus titré au monde, gagner un salaire exorbitant et avoir une magnifique femme, monsieur est triste. Amusant (si je puis dire) d’être « triste » dans de telles circonstances. Seulement, la « fugue » du portugais, n’a pas été du goût des espagnols, surtout pour un pays, qui compte plus de 20% de chômeurs et qui a pratiquement un actif sur deux sans emploi. Bon, évidemment, en Catalogne, tout cela fait beaucoup rire. On n’expliquera pas pourquoi. Les rumeurs sur une demande de prolongement de contrat et d’augmentation de salaire (et oui, l’un ne va pas s’en l’autre…) refusées, fusent. On apprend même que Cristiano a demandé un rendez-vous d’urgence à Florentino Perez samedi, veille de match, pour expliquer son mal être. Officiellement, Monsieur Ronaldo, ne s’estime pas assez « respecté » au Real. Du à ce manque de respect, il refuserait de s’adresser au brésilien Marcelo. Bref, cette histoire fait énormément discuter en Espagne. Un bluff de Cristiano (sur la copie conforme de ce que Mourinho a fait la saison dernière), pour la moins pathétique comme le pense l’ensemble des médias, pour une simple augmentation de contrat ou bien, un véritable mal-être, plus important qu’on ne pourrait le penser ?

Cela étant, je trouve qu’il a une ambiance « bizarre » qui règne actuellement au Real. Mourinho n’est globalement pas satisfait de ce qu’il voit depuis le début de saison, le « boulet » Kaka est toujours là et cette bulle puante, qui sort avec la « tristesse » de Cristiano dans les derniers joueurs du mercato n’arrange rien. On en oublierait presque le gros coup d’un Modric, plébiscité par la presse espagnole pour sa 1ère titularisation dimanche au Bernabéu et surtout l’arrivée en prêt d’Essien, tout en vendant pour d’excellents prix Granero et Diarra (environ 20 millions pour les deux joueurs, à qui il ne restait plus qu’un an de contrat !).
Bref, le Real à réussi son mercato, tout en démarrant timidement sa saison, malgré le succès contre le Barça.

Le Barça. Une grande curiosité entourait cette nouvelle saison. Et oui, nouveau, le maître Guardiola est parti, remplacé par son adjoint et grand tacticien, « Tito ». Un barça qui a démarré sa saison par une démonstration contre la Real Sociedad. 5-1. Triplé de Messi. On ne change pas les bonnes habitudes. Et puis, 1er clasico gagné par Villanova, 3-2 contre le Real.  Mais les problèmes vont déjà arriver au Barça. Les catalans frisent la correctionnelle à Osasuna, ballotés, bousculé durant 70 minutes et s’en sortent miraculeusement grâce à un doublé de Messi, dont un premier but en position de hors jeu au début de l’action. Un simple avertissement ? Visiblement non puisque le Barça va subir la foudre Madrilène et perdre le premier trophée de la saison, la supercoupe. Et les premières critiques fusent sur Tito. Lui qui était pour beaucoup, le maître tactique de Guardiola, se fait justement critiquer pour ses choix tactiques et son 4-3-3 qui a été étouffé au milieu contre le Real. Le Barça a aussi son « cas ». Fabregas,lui « l’enfant » du Barça, hors du coup en début de saison et dont même la nouvelle recrue Alexandre Song semble déjà lui être passé devant dans la hiérarchie. La presse s’étonne aussi, du peu de confiance accordé à Villa, pourtant revenu de blessure et à chaque fois décisif lorsque il a joué. Critiques excessives ? Oui, la preuve, le Barça l’emporte 3 jours plus tard contre Valence, 1-0 grâce à but d’Adriano, le même joueur qui a été dépassé au Bernabéu et expulsé. Un 0-1 très flatteur pour Valence, tant le Barça a outrageusement dominé, en dépit des frayeurs en fin de match. Nouveau débat au Barça ? L’inefficacité offensive (!). Bref, il semble que ce soit simplement question de réglage, comme pour son grand rival madrilène. Mais le Barça est déjà là, malgré l’utilisation avec parcimonie de Xavi et Iniesta, tous deux en retard dans la préparation à la suite à l’Euro.

Que retenir de ce début de saison en Espagne ? l’Atlético. Fort de son succès en Europa League, l’Atlético, avec l’idole des socios Diego Simeone à la baguette, réalise un début de saison éblouissant. Sa force ? Avoir conservé 10 des joueurs titulaires en finale en mai passé. Seul Diego est parti. Et surtout, le coup de maitre, avoir gardé cet incroyable joueur et buteur : Falcao. 3 contre Bilbao, 3 buts contre Chelsea ( !), des statistiques à la Messi ! Après un bon nul à Levante, l’Atlético a « explosé » Bilbao 4-0. Cette équipe se connaît et ça se voit. Adrian, Ardan, sont des joueurs à suivre de très très près, sur la lancée de la saison passée. Le « doble pivote » Gabi-Suarez (Thiago) est complémentaire.  Les latéraux Juanfran et Filipe Luis sont solides. Derrière, la charnière Godin-Miranda tient la route, bien que dépassée contre le Real et le Barça la saison passée. Courtois tient toujours la baraque dans les buts. De quoi en faire un concurrent solide pour sa propre succession en Europa League et un probable concurrent pour les places qualificatives pour la ligue des champions cette saison ? Le triomphe face à Chelsea en supercoupe d’Europe mais surtout la manière dont l’Atlético a écrasé le champion d’Europe en titre (certes très faible vendredi) donne de la sérénité et de la confiance à cette équipe, qui n’en manquait déjà pas depuis le début de saison. L’équipe des quartiers sud de Madrid, est traditionnellement capable du meilleur comme du pire. Cette année, on miserait bien sur le meilleur, après une saison passée réussie. On ne serait pas étonné de voir Diego Simeone atterrir dans un club encore plus grand que l’Atlético, assez rapidement…

On notera aussi, Malaga, qui en dépit d’une inter-saison mouvementée avec ses problèmes économiques, réalise un excellent début de saison. Qualification facile en tour préliminaire de la C1 (première qualification de son histoire en ligue des champions), Santa Cruz, Saviola, Oneyu qui viennent le dernier jour, pour renforcer un effectif, à la dérive quantitativement après le départ de 3 tauliers de la saison passées, Cazorla, Mathijsen et Rondon.

Valence, se cherche. Après un nul prometteur, contre le Real pour débuter la saison, une contre performance ensuite contre le promu, le Deportivo la Corogne. 3-3, après avoir mené 3-1. Défaite à Barcelone, sans avoir montré grand chose selon les medias espagnols. On attendra encore pour juger Valence.

Bilbao est à la peine, suite au faux-départ de Bielsa, au départ de Javi Martinez au Bayern, au faux départ de Llorente, qui ne demande qu’à partir. Cette saison est partie à l’envers pour les basques.

On soulignera l’étonnant début de saison du Rayo Vallecano, qui à sauvé sa peau de justesse la saison passée et perdu son coach ainsi que sa star et buteur, Michu. Et la Corogne, qui marque son retour en Liga, en étant toujours invaincu après 3 journées.

KarimJ