Comme chaque saison, la serie A était le dernier championnat majeur a reprendre la compétition. Avouons-le, comme tout amoureux du « calcio », on avait hâte que cela commence. Que retenir de cette journée ?

La Juve qui semble déjà prête, malgré les problèmes de son entraineur Antonio Conte (ndlr : l’entraineur de la Juventus est suspendu 10 mois par la justice sportive italienne, dans le cadre de l’affaire « calcioscommesse », il va faire appel devant l’instance suprême du sport italien, le Tribunal national arbitral du sport (TNAS)). En effet, deux semaines après sa victoire en Supercoupe d’Italie contre Naples (4-2), la Vieille Dame l’a emporté 2-0 contre Parme, avec Conte toujours en tribune et qui a interdiction de pénétrer les vestiaires avant et après chaque match. Une Juventus qui a étouffée Parme et qui a fait  la différence rapidement en seconde mi-temps. On notera un Andrea Pirlo déjà très bon, un Asamoah, arrivé cet été de l’Udinese, déjà parfaitement intégré dans cette équipe et Giovinco, racheté cet été à Parme pour 11 millions d’euros et qui s’est blessé  20 jours, à la suite de ce match, déjà bien inspiré. Storari décisif et a parfaitement bien remplacé Buffon, blessé. La Juve est la grande favorite pour sa propre succession pour le scudetto. A n’en pas douter, elle est déjà prête et ce, même sans son coach sur le banc.

Le Milan, second la saison passée est déjà à la rue. On se gardera de tirer des conclusions hâtives après une journée de championnat. Cela étant, ce n’est pas cette défaite à la maison contre le promu, la Sampdoria (0-1) qui va rassurer les tifosi rossoneri. Ibrahimovic-Thiago Silva, les deux tauliers du Milan, sont partis au Psg. Van Bommel, Seedorf, Gattuso,Zambrott et Inzaghi ont quitté aussi le Milan. Et Cassano a été échangé contre Pazzini, chez l’ennemi, l’Inter. Un échange qui a laissé plus d’un tifoso rossonero dubitatif. Du côté des arrivées :  Acerbi (ex Chievo), Zapata (ex Udinese et Villareal), Montolivo (ex Fiorentina) et donc, Pazzini. Cela semble bien maigre.

Milan ne semble pas prêt, n’a aucun fond de jeu, aucune identité et à l’exception de Boateng, semble une équipe très limitée. Les temps sont durs au Milan. Les affaires de Berlusconi, ne se portent pas très bien, c’est l’heure de l’austérité et de la « chasse » aux gros salaires. Même le rêve du retour de Kaka, au placard au Real, semble impossible pour des raisons fiscales. Il est évident qu’il manque au moins un défenseur dans cette équipe (faire toute la saison avec Yepes titulaire, euh oui…), un milieu pour soulager Montolivo et un joueur offensif pour offrir des caviars à Pazzini/Pato et aider Boateng à l’organisation du jeu milanais. A Galliani, de réaliser des miracles d’ici le 31 Aout et d’offrir une « star » aux tifosi, dans les dernières heures du mercato, comme Galliani en a l’habitude. Les tifosi du Milan, attendent un coup, surtout après les 65 millions de la transaction Ibra-Thiago Silva au Psg. Cet argent n’a pas été utilisé, l’objectif prioritaire de ce Milan, étant de combler les dettes. Allegri, le coach du Milan, est déjà contesté par les tifosi. On sait que ce n’est pas le grand amour avec Galliani et Berlusconi,  on ne serait pas étonné que son limogeage arrive assez rapidement. Affaire à suivre.

Naples, a frappé fort. Victoire 3-0 à Palerme. Un nouveau but de son goleador Cavani, un doublé de l’autre star de l’équipe, Hamsik. Pour beaucoup, cette équipe est l’outsider numéro 1 de la Juve. Certes, les deux tauliers de l’équipe (Lavezzi et Gargano) sont partis. Le très bon Berhami (en provenance de la Fiorentina) et la future perle, Insigne (formé d’ailleurs à Naples et qui revient d’un prêt au Pescara) sont arrivés pour compenser ces départs. Mais cette équipe napolitaine semble avoir l’expérience nécessaire pour faire un grand championnat. L’expérience acquise grâce à son retour en ligue des champions la saison passée pourrait lui être très utile. A suivre de près Pandev, qui renait à Naples et sera titulaire indiscutable cette saison grâce au départ de Lavezzi. Bref, Naples aussi est déjà au rendez-vous. En attendant confirmation.

Que retenir d’autre ? L’Inter et sa révolution, qui semble déjà fonctionner,  la Fiorentina, qui a battu un concurrent à l’Europe à la 90ème (doublé de Jovetic) et qui a fait à notre sens, un des meilleurs mercato de l’été (Rodriguez,Valero (ex Villareal), Fernandez (ex Sporting), Cuadrado (exLecce), Aquilani (ex Milan), Pizarro (ex Roma) El Hamdaoui (ex Ajax) entre autre. 9 joueurs, pour 21 millions.

On attendra la fin du mercato car la perle de l ‘équipe Jovetic est très courtisé par la Juventus à la recherche d’un grand buteur et Nastasic, le taulier de la défense, vient d’être vendu à Manchester City (plus Savic dans la transaction). L’Udinese, sera à suivre, toujours très inspiré pour révéler des nouvelles perles. L’attraction de cette première journée, était aussi la Roma de Zeman. On se gardera de porter un jugement sur ce match, connaissant la difficulté des préparations « Zemanienne » mais la Roma, selon l’ensemble des observateurs italiens, n’est pas prête, en particulier défensivement. Nul arraché contre Catane à domicile. Je recommande le 1er but de Osvaldo, une merveille :

La Roma sera déjà sous pression, prochain match déplacement à San Siro, contre l’Inter. La Lazio, très discrète sur ce mercato, l’a emporté 1-0 à Bergame, avec son patron Hernanès, très honnêtement, difficile d’imaginer la Lazio jouer les troubles fêtes dans le haut de tableau, comme les deux dernières saisons. L’effectif semble, trop limité, qualitativement et surtout, quantitativement.

Le  fil rouge de la semaine : Pescara-Inter

On était curieux de voir ce match. Pescara, véritable révélation de la saison passée en serie B avec les perles, Insigne, Immobile, Verratti et son coach Zeman, hélas, tous partis cet été, fêtait sa première saison en série A.

L’Inter, tout comme le  cousin-ennemi milanais, en a terminé avec les dépenses folles et semble enfin décidé à tourner la page du triplé (2010) et du départ de Mourinho, le mythe interiste. La piteuse 6ème place de la saison passée et les deux coaches limogés, ont été le déclic pour Moratti, pour faire le ménage et de tourner la page. Le contrat de Lucio a été résilié (et parti libre chez l’ennemi la Juventus), même chose pour Forlan. Julio César, titulaire indiscutable depuis 2004 est écarté du groupe, en attendant, d’ici le 31 Aout, sa résiliation de contrat et son départ pour QPR. Maicon, un des symboles du triplé, la valise en main devrait s’engager au Real.

Soit 3 titulaires indiscutables écartés. Handanovic, probablement le meilleur gardien depuis 3 ans en serie A est arrivé en provenance de l’Udinese. Le défenseur central Silvestre de Palerme a été recruté ainsi que le latéral gauche de Porto (plus gros investissement de l’été pour l’Inter, 10 millions d’euros + 5 en bonus). Gargano au milieu (en provenance de Naples), Palacio (4ème buteur de serie A la saison passée, exGenoa) et bien entendu, et Cassano ont également rejoint l’Inter. Le 4-3-2-1 de Stramaccioni, le coach surdoué de l’Inter (promu alors qu’il était l’entraineur de l’équipe de la « primavera », l’équipe des jeunes, avec laquelle il avait tout gagné), a une sacrée gueule avec le trio Sneijder-Cassano-Milito.

Que retenir de ce match ? Victoire facile de l’Inter (0-3), une solidité défensive retrouvée par rapport à la saison passée. On signalera le retour à un excellent niveau de Ranocchia. la charnière est complémentaire en attendant le retour de blessure de Chivu. Guarin, ancien stéphanois est plus que jamais le patron du milieu de l’Inter. Gargano n’a pas manqué son premier match, Sneijder est revenu en forme et motivé, Cassano est déjà décisif (une passe décisive) et Milito, star de l’équipe, est impliqué sur les 3 buts (deux passes décisives, un but). On évitera de dire que l’Inter est de retour après sa traumatisante  saison passée. D’abord étant donné la faiblesse de l’adversaire, qui n’a lutté que les 15 premières minutes (deux buts entre la 16eme et la 20ème minute). Et puis, parce que la concurrence est plus rude que jamais cette saison en serie A tant pour le scudetto, que pour la course à l’Europe. Cela étant, l’Inter a été séduisant dans le jeu.  Et si on doit se « mouiller », on ne serait pas étonné que cette équipe soit la grande rivale de la Juve pour la lutte pour le scudetto.

Stramaccioni mise tout sur la possession de balle et une solidarité de tous les instants à chaque perte de balle. Sur ce match, cela a parfaitement fonctionné. Pescara, a tenté d’enflammer le stade en début de match, mettant une grosse pression sur l’Inter mais a fait preuve de naïveté . En dépit d’une bonne volonté, à l’image de Weis et de Caprari, une des révélations de la saison passée, Pescara a payé son apprentissage au prix cher pour son premier match en serie A.

KarimJ