Grosse journée en Russie avec en match phare les deux équipes à 9 points : Zenit et Spartak. Avant de parler de l’événement du weekend, voici un petit tour d’horizon des résultats significatifs pour le haut du classement. Le derby de Krasnodar avait vu le Kuban disposé du FC Krasnodar vendredi soir. Le Lokomotiv a été tenu en échec sur sa pelouse par Alania et le CSKA a renouer avec le succès grâce à sa victoire face à un très faible Anzhi. Un des résultats marquant de cette quatrième est la victoire du Rubin 2/0 contre le Dinamo qui n’a donc toujours pas marqué le moindre point au compteur. En trois matchs, le Zenit vient d’infliger un 10/1 à trois des quatre équipes moscovites. En effeet, victoire 2/0 contre le Dinamo, 3/1 contre le CSKA et donc 5/0 contre le Spartak. Le Spartak, arrivé plein de confiance et sûr de sa force, repart avec beaucoup de questions mais surtout avec un sentiment d’impuissance face à la machine Zenit qui est déjà bien rodée en ce début de saison. Seul point noir pour le Zenit, la blessure de Semak qui sera absent un mois.

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Revenons en détails sur trois des matchs de cette journée.

Zenit – Spartak

Venons en, au Match du weekend, LE match décalé du samedi après-midi qui a vu le Zenit corriger le Spartak. Et pourtant, les hommes d’Emery arrivaient à Saint-Pétersbourg avec quelques certitudes acquises lors de leur dernière sortie à l’extérieur (victoire 4/0 chez le Dinamo). De plus, le Zenit était privé de Kerzhakov, remplacé par le jeune Kanunnkov, et de Lombaerts, qui a obligé Spaletti à revoir sa défense.  Bruno Alves absent, Lukovic fait son entrée à gauche, Criscito passe dans l’axe avec Hubocan et Anyukov retrouve son poste à droite après sa blessure.

Au milieu, le trio Denisov, Shirokov, Semak est reconduit, tout comme Bystrov et Faizulin sur les ailes. Côté Spartak, les frères Kombarov sont absents, Gatagov entre à gauche de la défense et Suchy passe dans l’axe. Emery a choisi de titulariser Dzyuba pour épauler Emenike. Le début du match est plutôt équilibré, mais très vite le Zenit va prendre le contrôle de la partie. Le pressing  effectué en équipe gène considérablement les joueurs du Spartak. C’est d’ailleurs suite à une récupération haute que le ballon parvient dans les pieds de Kanunnikov, qui résiste au retour de Pareja et trompe Dikan d’une frappe croisée. On joue depuis un quart d’heure et le Zenit prend déjà les devants au score. Le Zenit est au dessus, joue plus vite, le milieu du Spartak ne comprend pas ce qu’il est en train de vivre. Mais le score reste inchangé et les deux équipes rentrent aux vestiaires sur ce score de 1/0.

Tout va s’accélérer en début de deuxième mi-temps. Le Zenit joue encore plus vite et plus juste. Le Spartak hésite et commence à se livrer peu à peu. Sur une interception dans son camp, Criscito remonte le terrain plein axe pour adresser une passe parfaite pour Bystrov qui double la mise. 10 minutes plus tard, Lukovic doit céder sa place à Alves. Sur l’action qui suit, ce même Alves, quelque peu dépassé par Emenike oblige Hubocan à intervenir. A la surprise général, l’arbitre désigne le point de penalty. Bilyaletdinov prend ses responsabilités mais Malafeev se détend et détourne la frappe du russe avant d’être suppléé sur sa ligne par Criscito. Dans la minute qui suit, Criscito, qui a retrouvé son poste sur le côté gauche, centre, Shirokov coupe la trajectoire du ballon à l’entrée de la surface et, en une touche de balle, lobe Dikan. Volontaire ou pas, ce but est magnifique et celle définitivement le sort du match.

La leçon va prendre encore une autre dimension après l’expulsion de McGeady pour un geste dangereux, deux minutes après le troisième but du Zenit. Quelques minutes plus tard, Criscito, encore lui, combine avec Denisov, encore une fois excellent samedi, qui adresse un centre pour Faizulin qui n’a plus qu’à marquer. Ce même Faizulin aurait pu, et du, inscrire un doublé, mais l’arbitre n’a pas vu que sa lourde frappe avait franchi la ligne après avoir heurtée la barre transversale. Mais, dans le prolongement de l’action, Shirokov reprend la balle de la tête scelle le score final : 5/0 !

Lokomotiv – Alania Vladikavkaz

De retour du stade Lokomotiv, où le Lokomotiv recevait l’Alania Vladikavkaz.

Après avoir suivi la leçon du Zenit face au Spartak, je me dirige donc vers le stade Lokomotiv. Le stade est encore loin d’être plein et même moins rempli que d’habitude. L’orage a éclaté en début d’après midi mais depuis un grand soleil a fait son apparition. Après la défaite subie à Krasnodar, les hommes de Bilic doivent se reprendre et battre le promu Alania. Pour cela, le croate ne change pas son équipe. Seul le gardien Kreshich fait son entrée. Ozdoev reste sur le banc au profit de Zapater. Concernant l’Alania, je ne connais que Semberas, l’ancien joueur du CSKA.

Le match démarre très fort. Les supporters sont chauds et dès la 3° minute, Roman Pavlyuchenko sollicite le une deux à l’entrée de la surface, et place une frappe enroulée du droit qui trouve le petit filet. La réaction de l’Alania ne se fait attendre, puisque deux minutes plus tard, Grigoriev égalise de la tête sur corner. Cette égalisation rapide va quelque peu calmer les ardeurs moscovites. On retrouve très vite cette difficulté dans la création du jeu que j’ai perçu lors des matchs précédents.

Le Lokomotiv n’est pas mis en danger, mais peine à créer lui même le danger. Et pourtant, Maicon va trouver l’ouverture pour redonner l’avantage à son équipe. Suite à un bon travail avec Pavlyuchenko, Maicon récupère le ballon dans la surface adverse et trompe facilement Khomich.. Sur l’action qui suit, Kreshich est obligé de sortir un énorme arrêt pour empêcher une nouvelle égalisation. Mais ce n’est que partie remise, puisqu’une minute plus tard, suite à une perte de balle évitable de la part des joueurs du Lokomotiv, Shishkin se laisse surprendre et permet à son adversaire de centrer facilement pour la tête victorieuse de Priskin.

On atteint la mi-temps sur ce score de parité. Le Lokomotiv est meilleur mais paye son manque d’attention et un certain relâchement. La deuxième mi-temps met du temps à se lancer. Le rythme a considérablement baissé. Les joueurs de l’Alania commencent déjà à gagner du temps. Le jeu est hâché, les soigneurs courent plus que certains joueurs. Poussés par leur supporters, le Lokomotiv va finir par se créer de bonnes occasions, par Maicon ou encore Caicedo, tout juste entré en jeu. De plus, Alania va terminer le match à 10suite à l’expulsion de Dudiev, tout juste entré en jeu. L’ambiance est à son paraoxysme dans les 15 dernières minutes, chaque action est appuyée par tous les supporters du Lokomotiv qui n’attendent qu’un but pour laisser à nouveau exploser leur joie. Mais tour à tour, N’Doye, également entré en jeu, et Caicedo vont manquer de justesse technique pour offrir la victoire à leur équipe. Malgré les 6 minutes de temps additionnel, le match nul semble inéluctable. Et pourtant, sur la dernière action, Eschenko parvient à prendre le meilleur sur son défenseur, centre pour N’Doye, s’en suit un cafouillage et l’arbitre désigne le point de pénalty. Le stade retient son souffle, personne n’imagine une seule seconde que Glushakov ne va pas offrir la victoire aux siens. Le capitaine prend son élan, croise son tir à mi hauteur, mais voit Khomich se détendre et détourner le tir sur son poteau. La défense se dégage et l’arbitre peut siffler la fin du match sur ce score de2/2, assez flatteur pour Alania.

Le dénouement est cruel pour le Lokomotiv. Certains joueurs restent de longues secondes allongés. Ce match nul a un goût de défaite. Les supporters applaudissent néanmoins leurs joueurs qui, malgré leur manque de création au milieu de terrain, se sont donnés jusqu’au bout.

CSKA – Anzhi

De retour de l’Arena Khimki où le CSKA recevait l’Anzhi.

Arrivé assez tôt à Khimki, dans la banlieue proche de Moscou, j’assiste aux petites animations autour du stade (questions/réponses, jeux vidéos, baby foot, …), puis je prends place dans le stade après avoir été légèrement contrôlé à deux reprises. Le stade est beaucoup plus petit que Luzhniki, mais il n’est pas plein pour autant. Les supporters de l’Anzhi sont assez nombreux. On sent que cette équipe n’est pas appréciée par les supporters du CSKA (les chants pro russes et les insultes envers l’Anzhi sont légions). Les fans du CSKA ont fait grève pendant 3 minutes, puis se sont réveillés avec des périodes particulièrement impressionnantes en fonction de ce qui se passait sur le terrain.

Mais je me dois de parler des choses qui fâchent. Ainsi un chant « White Power » a été repris pendant le match (entre les supporters derrière le but, et d’autres sur le côté, tous de habillés d’un t-shirt noir). Dernière chose, des cris suspects envers les joueurs de l’Anzhi. Mais les situations sont vraiment étranges parce que ce qu’on assimile forcément à des cris de singes a parfois été dirigé contre des joueurs blancs par encore (Zhirkov s’est fait conspué une bonne partie du match) et le CSKA possède quelques joueurs de couleurs qui ne subissent pas les critiques des supporters. J’ai plus l’impression que ces cris pourraient être comparés à nos sifflets ou à nos insultes dans les stades européens, même si je ne néglige pas le racisme latent de certains supporters.Pour terminer avec la partie supporter, en allant tirer un corner du côté des supporters du CSKA (de ceux qui étaient vêtus d’un t-shirt noir) Boussoupha a reçu quelque projectiles.

Revenons au terrain : Privé de Doumbia, blessé, et de Dzagoev, suspendu, c’est Musa qui a été choisi en tant qu’avant centre. On peut presque dire que le CSKA joue sans avant centre, faute de mieux. Elm est reconduit au milieu, avec Wernbloom. Honda, Tosic et Cauna doivent percuter et animer l’attaque moscovite. Derrière, Ignashevich fait son retour après sa suspension. Du côté de l’Anzhi, Lacina Traoré étant absent, Samuel Eto’o se retrouve seul devant. Il est accompagné par un milieu qui se veut créatif avec Boussoupha et Medhi Carcela notamment. Samba est bien présente en défense. Je n’ai pas assisté au match du siècle, ni même au match du weekend d’ailleurs, mais c’était plutôt agréable malgré un certain manque de vitesse et de création chez le CSKA. L’Anzhi n’a absolument pas existé de toute la rencontre. Eto’o a été inexistant, et s’est contenté de marcher pendant tout le match. Hiddink, tellement déçu de l’apathie générale de son équipe, a même procédé à un changement dès la 30° minute, avec l’entrée en jeu de Shatov pour Carcela. Mais cela n’a rien changé. Le CSKA maitrise le ballon, mais peine à s’en servir correctement. Musa n’est pas un avant centre et au final, Gaboluv passe une première mi-temps plutôt tranquille.

La deuxième mi-temps repart sur le même rythme et seule la victoire de la Russie en finale du volley-ball déclenche la joie de tout le stade. La pression se fait de plus en plus forte néanmoins. Gabulov doit s’employer à plusieurs reprises. Marc Gonzalez fait son entrée en jeu après de longs et se met en évidence tout de suite d’un tir de loin que Gabulov dégage en corner. Finalement, l’éclair du match va venir de Zoran Tosci. Bien servi par Honda, le serbe entre dans la surface, se place sur son pied gauche et enroule parfaitement sa frappe pour ne laisser aucune chance au portier de l’Anzhi. Le CSKA mène 1/0 et c’est plutôt logique.

J’ai alors, la faiblesse de penser que l’Anzhi va réagir. Il n’en est rien. Le CSKA va mène avoir plusieurs énormes opportunités sur des contres, soient mal gérés, soient parfaitement sorti par Gabulov, l’un des seul jour de l’Anzhi à surnager avec Jucilei. Pour l’anecdote, Agalarov se fera expulser, ce qui ne sera pas du goût de Guus Hiddink d’ailleurs. Sans être brillant, le CSKA renoue avec le succès.  Dois noter une nouvelle fois le bon match de Wernbloom au milieu de terrain ? J’ai l’impression de répéter la même chose à chaque match du CSKA concernant ce joueur. L’Anzhi concède sa première défaite et, malgré un début de saison correct, a encore énormément de chose à corriger et à mettre en place, notamment dans le jeu offensif, pour pouvoir atteindre ses objectifs.

Rusko