2009 / 2010 – Le retour de la gagne

Le 5 Mai 2009, Didier Deschamps devient l’entraîneur de l’Olympique de Marseille, club stable, restructuré grâce notamment au travail de Pape Diouf et d’Eric Gerets. Fort de son expérience en Italie, Didier veut marquer son empreinte et fait le choix de se séparer assez tôt des joueurs de son prédécesseur Eric Gerets. C’est ainsi que l’OM perd Ziani, Cana, ou encore M’Bami. Avec une enveloppe conséquente et sous la houlette de Dider Deschamps, l’OM est très attractif sur le marché des transferts et recruter pas moins de 8 joueurs : Lucho, Heinze, Cissé, Diawara, M’bia, Abriel, Morientes et Rool. Ces arrivées, combinées au reste de l’effectif permettent à l’OM de mettre fin à 17 ans de disette et de renouer avec le succès en faisant le doublé Coupe de la Ligue-Championnat, bien aidé par un Bordeaux en mode « relégable » sur la dernière partie de saison. Dans cette quête de titres, chaque joueur amène sa pierre à l’édifice. Abriel et Cheyrou sont très bons en début de saison, Valbuena, Ben-Arfa emmenés par Niang et Lucho, jouent un rôle précieux sur la dernière ligne droite. En une année, Didier Deschamps a amené à l’OM la gagne et les titres tant attendus. Le jeu n’est pas flamboyant, mais après tout, les supporters s’en contentent très bien.

2010 / 2011 – le système D

Les joueurs de l’ère Gerets continuent de quitter l’Olympique de Marseille : Dans un imbroglio total, Niang est finalement vendu en fin de mercato estival. Après un feuilleton incroyable, Hatem Ben arfa est également vendu et Bonnart, en fin de contrat, n’est pas prolongé. Apparaissent alors les premières divergences à l’OM. Afin de remplacer Niang, Deschamps souhaite la venue du Sévillan Fabiano. Ce transfert ne fait pas l’unanimité à l’intérieur du club et d’autres joueurs sont par ailleurs proposés à Didier Deschamps, notamment le  Lorientais Gameiro et le monégasque Nene afin de combler les départs respectifs de Niang et Ben Arfa. Pour des raisons diverses, ces transferts ne seront pas conclus. Remy et Gignac seront préférés et débarquent sur la cannebière pour des sommes respectives de 15.5m€ et 18 m€. Par ailleurs, Didier Deschamps convainc l’OM de débourser 7 millions d’euros pour recruter le prometteur latéral droit Azpilicueta (en lieu et place de Bonnart). La blessure rapide de l’espagnol sera compensée par la venue de Fanni pour 4 m€. Ainsi, 11 m€ seront dépensés pour le poste de latéral droit pour compenser le départ de Bonnart, laissé libre.

Malgré ce, Deschamps comprend très vite que certains joueurs ne correspondent pas à ce qu’il attendait et que la digestion des titres sera plus difficile que prévue. Il va alors jouer sur ce qu’il sait faire de mieux : Le mental et la gagne. En ce sens, ce qu’il fait avec cet OM en 2010-2011 est exceptionnel. L’OM termine à la seconde place derrière Lille, et remporte pour la deuxième année consécutive la Coupe de la ligue. Mais pour les supporters, cela ne suffit plus : « On veut bien que l’équipe joue mal et gagne, mais encore faut il gagner »

2011 / 2012 – la saison de trop ?

Durant l’été 2011-2012, Deschamps a certainement réfléchi à son avenir. Que pouvait-il apporter de plus à l’Olympique de Marseille ? Cependant Didier est un homme pragmatique et carriériste. Il a déjà fait l’expérience de quelques années loin du banc après son passage à la Juventus et connaît donc mieux que quiconque les difficultés pour revenir sur un banc après un break. Son choix de rester à l’OM est un choix par défaut, faute de mieux. Nul doute qu’en cas de réponse favorable de la Roma (intéressée à l’époque), il aurait fait ses valises. Dans le même temps, le président Dassier est remplacé par Labrune. Mais finalement qu’est ce qui a changé ?

Gignac n’entrant plus dans les plans de l’OM est prié de faire ses valises, tout comme Ben-Arfa quelques années auparavant. Au moment où ces joueurs trouvent un club (Fulham pour Gignac, New-Castle pour Ben Arfa), le club leur demande de rester. De plus, l’OM a laissé partir des joueurs expérimentés, qui connaissaient le club et le haut niveau (Cissé, Heinze et dans une moindre mesure Taiwo, comme à l’époque Niang ou Cana) au profit de Diarra, Morel, Amalfitano et N’Koulou. Par ailleurs, la relation de Didier avec les rescapés de l’ère Gerets ne s’améliorent pas et se tend sérieusement (Cheyrou entre autres). Le statut intouchable de Lucho, en dépit de prestations décevantes semble énormément gêner en interne. « On veut bien que Lucho joue mais encore faut-il qu’il soit bon ».

Tactiquement, on voit poindre à l’OM un nouveau système en début de saison, avec un retour à un peu plus de jeu. Mais tout cela, demande du temps, un équilibre et des automatismes. Ces automatismes tardent à se mettre en place et les latéraux (Morel et Azpilicueta) font l’objet de critiques. Alou Diarra n’apporte pas ce qu’on attend de lui et les solutions derrière Loïc Remy se font rares. Deschamps opte alors pour son tactique un peu plus défensive, avec les deux lignes N’koulou-Diawara et Mbia-Diarra.

Après un début de saison très compliqué et touchant le summum du ridicule contre l’Olympiacos (défaite 1-0 à domicile, Gignac qui insulte son entraîneur), l’OM s’est paradoxalement relancée en battant le PSG 3-,0 grâce à la méthode D-schamps. Le classico fut le point de départ d’une belle série de 15 matchs sans défaite toutes compétitions confondues, laissant présager un renouveau caractéristique des saisons olympiennes. Au rayon des points positifs, une belle victoire 3-2 à Dortmund (permettant à l’om une qualification en 8ème de finale de ligue des champions), une victoire contre Lille (2-0), à Rennes (2-1), une victoire contre l’inter Milan (1-0) dans les dernières minutes. Cette série est quand même à nuancer : L’OM s’est déplacé 6 fois (Caen coupe de la ligue, Red Star en coupe de France, Dortmund en ligue des champions, Caen, Nancy et Rennes en championnat) et a reçu 9 fois (Bordeaux, Lorient, Lille, Lyon et Valenciennes en championnat, Le Havre et Bourg-Peronas en coupe de France, Nice en coupe de la ligue, L’inter de Milan en ligue des champions). Une belle série qui permet à l’OM de se relancer en championnat, d’être toujours présente dans les compétitions sans pour autant avoir de certitudes dans le jeu. La belle victoire contre Lille contrastée par le match nul contre Lyon (après avoir mené 2-0), Bordeaux et Valencienne à domicile laissent planer des doutes sur la capacité de cette équipe à pouvoir tenir la cadence. La recette du succès de Deschamps est en train d’être les raisons de son échec 2011-2012. Imposer son style de fabrique et sa force de caractère, faire de Lucho le patron indéboulonnable de cette équipe, privilégier le résultat au jeu, sont des choix totalement respectable à condition que les résultats suivent. Cette méthode nécessite une implication mentale de la part de tous, mais qui vu le contexte peut atteindre ses limites.

Etrange atmosphère

Dans le stade, le public grogne et le Vélodrome se vide. En coulisse, le staff commence à s’agacer. A l’image de l’évènement qui a agité la Canebière en octobre dernier : L’affaire Anigo-Deschamps. Cette altercation vient confirmer, si besoin est la nature des relations entre Deschamps et Anigo et confirmer les impressions du début de saison : L’incroyable absence de Vincent Labrune et l’amateurisme avec lequel l’OM gère certain de ses dossiers.

Deschamps, à la veille d’un match important pour l’OM, vient donc régler ses comptes avec son directeur sportif, à travers une déclaration pleine de sous-entendus. Ce n’est certainement pas la meilleure façon de ressouder un groupe de joueurs, qui plus est quand on sait qu’il est loin de faire l’unanimité dans le vestiaire. Mais surtout, cela confirme l’impression laissée par Deschamps depuis quelques mois. Didier parait fatigué, las et mal inspiré dans ses choix et dans ses conférences de presse. Il parle beaucoup de maîtrise dans ses conférence de presse. On aurait aimé qu’il montre l’exemple et qu’il en fasse preuve davantage sur le coup. Et comme personne n’est visiblement la pour sauver la face, Anigo a trouvé le moyen d’y répondre. Une déclaration, guidée par l’émotion. Des propos prouvant que les deux compères semblent ne plus rien contrôler et être un brin dépassé par les événements. La réponse d’Anigo a au moins le mérite d’éclaircir, son rôle au sein du club et rétablir quelques peu la balance aux nombreux propos de Deschamps.

Avant d’envisager l’année prochaine, il restait à terminer la saison du mieux possible, d’un point de vue sportif et financier. Le pragmatisme de l’OM a permis à Brandao de faire son retour à l’OM (après avoir été gentiment prié de faire ses valises en juin dernier) et dans le même temps à Lucho de faire les siennes (reparti à Porto pour 2 m€  après avoir été acheté 24 m€). Le signe d’une situation financière et sportive critique pour un club accumulant les pépins physiques et remettre en cause le staff marseillais : Gignac enchaînant les blessures aux adducteurs n’est pas capable de jouer le rôle de remplaçant, André Ayew est toujours en délicatesse avec un problème d’épaule, M’bia est constamment blessé (14 fois titulaires cette saison), Diawara blessé au genou ne terminera pas la saison, Rémy finissant la saison sur une jambe et ratera l’Euro. Une situation qui va sérieusement compromettre l’objectif de la fin de saison et dans le même temps l’avenir de l’Olympique de Marseille, malgré un ¼ de finale de ligue des champions. Pire, l’Olympique de Marseille terminera la saison à la 10ème place du championnat en réalisant une série historique de 13 matchs sans victoire. La victoire en coupe de la ligue viendra « sauver » la saison dans un match Lyon-Marseille frôlant l’indigence.

L’heure du bilan … et des règlements de comptes

En coulisse, bon nombre de changements ont eu lieu ces dernières années. Le président Dassier, que certains qualifiaient de « président pantin » est désormais considéré comme le responsable tout trouvé de la situation actuelle, propos en partie confirmés par le président Labrune. Si Jean-Claude Dassier semble avoir sa part de responsabilités dans la situation marseillaise, il est assez facile de tout lui mettre sur le dos. Ce dernier visé a particulièrement égratigné le fonctionnement du club et les relations entre Didier Deschamps et Jean-Pierre Bernes. Les anciens présidents Diouf et Bouchet se sont également exprimés sur la présidence Marseillaise actuelle et les erreurs cumulées. L’Olympique de Marseille vit depuis des années sur la vente de Drogba, Nasri et Ribery. Depuis, le club a accumulé les erreurs de casting et dépensé énormément d’argent sur des joueurs moyens.

Après cette saison en demi teinte, les dirigeants Olympiens auraient pu rapidement se mettre au tour d’une table pour faire un bilan (sportif, financier et en terme d’image) et orienter le plus tôt possible la saison 2012-2013. Il n’en a rien été. Didier Deschamps (nouveau sélectionneur) et l’Olympique de Marseille se sont donc séparés le 2 juillet dernier, après 3 ans de travail et des titres. Mais financièrement, la situation est critique. Si Margarita semble encline à éponger les dettes, elle ne souhaite pas pour autant sortir le chéquier pour le Mercato et compte sur la vente de certains joueurs (Azpi, Mbia) pour renflouer les caisses.

Quel sera l’effectif de l’Olympique de Marseille et les ambitions de l’OM ? Même Elie Baup, le nouvel entraîneur de l’OM ne semble pas être au courant. Souhaitons-lui bonne chance …

The Woflman